Jugés excessifs, les coûts de prestation du programme gabonais de l’évaluation de la conformité (Progec) sont boudés par les opérateurs économiques.

Vue du port d’Owendo. © afritramp.eu

 

Visant à s’assurer de la conformité des matériels importés au Gabon, le programme gabonais de l’évaluation de la conformité (Progec) a été mis en place en 2015, par un arrêté du ministère des Mines. Avant d’être expédiés, les containers sont inspectés directement sur le port d’expédition par une entreprise de certification (SGS, Intertek et Veritas).

Géré par l’Agence gabonaise de normalisation (Aganor), le programme permet de limiter les contrefaçons, de garantir des produits de qualité, et évite l’importation de produits dangereux pour la santé et la sécurité des gabonais. Une noble initiative  dont le coût de la prestation est cependant boudé par les opérateurs économiques.

L’année dernière, en effet, plus précisément le 5 février, les opérateurs économiques se sont rendus compte que le processus mis en place, est à leur charge. Relayés par africtelegraph.com, ces derniers ont estimé que la matrice de prix «alourdit considérablement le prix de revient des marchandises importées». En effet, la Redevance utilitaire du service informatique douanier (Rusid) au Gabon est la plus chère du monde.

Elle est fixée à 200 000 francs CFA minimum par conteneur, soit 0,53% de la valeur de la marchandise. A titre de comparaison, cette taxe n’est que de 10 000 francs CFA au Sénégal par container et ce, quelle que soit la valeur du conteneur. Un élément ayant donc un impact considérable sur le coût de la vie Gabon, alors même que la baisse de celui-ci est, parallèlement, une des priorités du chef de l’Etat.

En effet, Ali Bongo a instruit le gouvernement afin qu’un nouveau port soit construit à Owendo. Dans le même sens, il a demandé à ce que les taux de douane sur les produits de première nécessité soient revus. Le chef de l’Etat a également poussé les acteurs de la grande distribution à faire plus d’efforts. Pis, une hotline à la Direction générale de la consommation et de la concurrence (DGCC) avait même été spécialement créée.

Comment comprendre la structure de coût du Progec ? A y regarder de près, la mesure prise par l’Aganor a certainement été mal négociée avec ses partenaires. Faramineuses, les marges réalisées par Intertek, Veritas et SGS sur le Progec sont ainsi pointées du doigt.

Par ailleurs, il apparaît évident que le Progec impacte négativement sur compétitivité du Gabon avec, en prime, des retombées considérables sur la structure des prix de toute la consommation. Si le principe de contrôle de la mesure n’a pas été rejeté par les opérateurs économiques, ces derniers lancent un ultime appel pour que soient revus à la baisse, les coûts de prestation du Progec. Au risque de saper les efforts du chef de l’Etat dans son combat contre la vie chère.