Si Ali Bongo est affublé d’une image peu glorieuse depuis quelques années, et davantage à la suite de la présidentielle d’août 2016, Faustin Boukoubi voit chez les proches du président de la République les responsables de cette mauvaise réputation.

Faustin Boukoubi, s’adressant à Ali Bongo, le 8 décembre 2017 à Angondjé. © D.R.

 

Serait-ce l’heure de la vengeance pour Faustin Boukoubi ? Trois mois après avoir été poussé à la démission, l’ex-secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG) est une nouvelle fois sorti de son silence et de son calme légendaire à l’occasion de l’invite que lui a faite, vendredi 8 décembre, le «distingué camarade» à prendre la parole lors de l’ouverture du 11e congrès ordinaire avancé du parti au pouvoir. Il s’est voulu accusateur vis-à-vis des proches d’Ali Bongo qui, selon lui, sont à l’origine de la mauvaise image dont est affublé le président de la République depuis quelques années, et davantage à la suite de la présidentielle d’août 2016.

Or, a-t-il tenu à rappeler à l’adresse d’Ali Bongo, l’engagement qu’il avait pris en acceptant deux fois de suite le poste de secrétaire général du PDG était «de dire toujours la vérité à (son) chef». «Je me suis efforcé à vous la dire autant que je l’ai dite à votre illustre prédécesseur, notre président-fondateur Omar Bongo», a revendiqué l’ex-SG, avant de poursuivre l’air décidé : «Certes, le parti a connu des tensions que beaucoup ont regretté ; certes, vous-même avez fait l’objet de critiques, mais je peux vous dire que l’espoir suscité par votre projet n’aurait pas failli et n’aurait entraîné ni autant de critiques à l’égard du parti ni à votre égard si tous ceux qui vous entourent avaient bien suivi vos instructions.»

Difficile de ne pas voir dans l’accusation de Faustin Boukoubi une pique envoyée au groupe de cadres du PDG qui, en août dernier, l’avait poussé à la sortie en prétendant agir en qualité de véritables soutiens et défenseurs du président de la République. Ces cadres que certains avaient baptisés «Les hommes du président», à l’instar d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, Pacôme Moubelet, Blaise Louembé, Simon Ntoutoume Emane et Ali Akbar Onanga Y’Obégué, avaient ouvertement nié l’autorité de l’ex-SG du PDG. Ce qui leur vaut sans doute aujourd’hui sa colère et ses accusations.