A l’abandon depuis plusieurs mois en dépit d’une masse salariale de 32 millions mensuels, l’hôtel Leconi Palace à Franceville a récemment relancé ses activités, qui permettront à l’Agence gabonaise du tourisme (Agatour), gestionnaire de la structure, de régler ses dettes vis-à-vis du personnel et de ses partenaires.

L’hôtel Leconi Palace, en souffrance en mai 2017. © Gabonreview

 

Karine Cécilia Arissani l’assure, «conformément aux instructions des plus hautes autorités, Leconi Palace a redémarré». Il était temps. La structure hôtelière publique avait perdu de son lustre d’antan, en plus d’avoir connu une crise sociale en son sein. Elle avait presqu’été laissée à l’abandon plusieurs mois durant, victime des créances de l’Etat vis-à-vis de certains prestataires au premier rang desquels la SEEG qui l’avait contraint à fermer pendant deux mois. «Il y avait des arriérés (des factures) d’eau et d’électricité», reconnaît la directrice générale dans une vidéo postée le week-end écoulé sur la page Facebook de l’Agatour. La relance des activités de la structure a été possible, confie la DG, grâce à une négociation avec la SEEG, qui a accepté de rétablir ses services.

Il reste toutefois à régler la question des salaires des agents qui restent impayés jusqu’à lors. Mais là aussi, Karine Cécilia Arissani est optimiste. «Je suis convaincue que ça va se régler le plus rapidement possible», a-t-elle déclaré, affirmant que «le dossier suit son cours». Seulement, si la dette globale de l’Etat à l’endroit des employés de Leconi Palace est élevée, en raison d’une masse salariale initiale de 32 millions de francs, la patronne d’Agatour n’hésite pas à accuser les mauvaises pratiques de certains. Certains employés, justifie-t-elle, avaient été admis à la retraite depuis quelques années, mais avaient décidé de continuer de travailler dans la structure, maintenant ainsi la masse salariale. D’autres, grâce à leurs «affinités» touchaient des salaires inexplicablement élevés. En février dernier, une réunion avec les représentants du personnel aurait permis d’élaguer des charges pour arriver à une masse salariale de 16 millions mensuels désormais.

Avec le redémarrage des activités à Leconi Palace, l’Agatour, qui a récemment réglé une partie de la dette due aux employés, espère se relancer. Les nouveaux responsables de l’Agence visent une véritable autonomisation de leur structure. Ils disent avoir instauré une gestion «réaliste» de l’hôtel du chef-lieu de la province du haut-Ogooué.