Conseiller du président de la République, proche de l’ancien directeur de cabinet de celui-ci, soldat et apologiste de l’Émergence à la gabonaise, le président de l’ONG Convergence est décédé ce 11 septembre à Epinay-Sous-Bois, dans la région parisienne.

Hervé Ndong sur le terrain, au village Ayémé-Maritime dans le département du Komo-Mondah (Estuaire), en juillet 2016. © D.R.

 

Circulant d’abord sur les réseaux sociaux en fin d’après-midi, la nouvelle a été confirmée en soirée par des sources familiales et matrimoniales : Hervé Ndong Nguema est mort, ce 11 septembre en France ! Si rien de précis n’a encore filtré sur la ou les raisons de son décès, tout laisse penser qu’il a finalement succombé à ses récents problèmes de santé. Selon des sources concordantes en Île-de-France, il s’était bien remis desdits problèmes de santé et ne présentait aucun signe de malaise la veille de son décès. Étant allé se coucher le dimanche soir, il ne s’est plus jamais réveillé. Commentant l’information à Libreville et au fait des dernières tribulations  sanitaires du concerné, un médecin a évoqué «un infarctus du myocarde sur terrain diabétique». Plus simplement, il pourrait être question d’une crise cardiaque chez un malade du diabète.

Hervé Ndong, le 4 août 2015, devant l’ambassade de France au Gabon pour une manifestation de protestation contre l’interpellation en France de Maixent Accrombessi. © Gabonactu.com

En mai dernier, en effet, plusieurs photos du défunt, très mal en point, avaient été largement relayées sur les réseaux sociaux : le disparu était alors en fauteuil roulant, le pied droit en putréfaction. Il avait finalement été amputé de quelques orteils. Délaissé à lui-même, sans le sou, sa situation avait alors ému la rédaction de Gabonreview (lire «Le cas Hervé Ndong»). Selon des sources concordantes proches du palais présidentiel de Libreville, le président de l’ONG Convergence a récemment reçu une aide financière du palais du front de mer librevillois. Ce qui pourrait expliquer qu’il envisageait un voyage en Espagne, selon l’un de ses amis l’ayant eu au téléphone en fin de semaine dernière.

Connu comme un ancien conseiller du président de la République, soldat et apologiste de l’Émergence à la gabonaise, Hervé Ndong s’était notamment fait remarquer, sur l’espace public gabonais, par ses sorties aussi tonitruantes qu’irrévérencieuses envers l’opposition. Il était perçu comme un personnage sulfureux à l’invective facile. Sa disparition suscitera certainement beaucoup de commentaires dans la province gabonaise de la toile mondiale. Tout comme elle alimentera des réactions autour de quelques questions : l’Émergence bouffe-t-elle ses enfants ? les prend-ils pour des mouchoirs jetables dont on se débarasse après usage ? Hervé Ndong ne verra donc pas l’émergence économique et politique du Gabon pour laquelle il s’était donné corps et âme.