Pour leur première grande sortie après le passage à la légalité, et dans le cadre de l’implantation de leur formation politique dans le pays, les leaders du Mouvement Héritage et Modernité (RHM) se sont rendus le 6 août dernier à Port-Gentil. La mobilisation, au cours du meeting, avait valeur d’un test de popularité.

Alexandre Barro Chambrier passant en revue les militants et sympathisants de H&M pendant son meeting de Port-Gentil. © Facebook/Alexandre Barro Chambrier

 

Port-Gentil, la capitale économique a été choisie par le mouvement R&H pour le début de son implantation dans le pays. Acquis à la cause de Jean Ping qui, du reste, persiste dans la conquête du pouvoir depuis la dernière élection présidentielle, les membres de RMH sont arrivés dans la ville pétrolière avec le même discours, prônant la résistance face au pouvoir de Libreville.

Dans un meeting ressemblant à une campagne électorale, avec une foule vêtue de t-shirts jaunes et de pagnes à l’effigie de Jean Ping, le RHM a décoché ce message de résistance dans le but de hâter le départ d’Ali Bongo.

Intervenant après une série de discours et répondant par la même occasion à ses prédécesseurs sur la tribune, le président de RHM, Alexandre Barro Chambrier a affirmé que «la terre promise est proche». «Oui, nous verrons la terre promise», a-t-il annoncé.

«Nous sommes venus ici pour réaffirmer les valeurs de notre parti, parce qu’autour d’un grand chef, il faut qu’il y ait des structures partisanes fortes», a-t-il expliqué. Pour cet ancien ministre et ancien cadre du parti au pouvoir passé dans l’opposition, le peuple reste leur force. Il a invité celui-ci à ne pas abandonner le combat. «Ce n’est pas le moment de baisser la garde, de se laisser distraire. Oui, les choses peuvent changer. Oui, nous allons voir la terre promise. Oui, le rapport de force doit continuer d’évoluer en notre faveur jusqu’à la libération totale du Gabon», a martelé Barro Chambrier, très enthousiaste.

Michel Menga, le secrétaire général du RHM est revenu sur le combat qui est le leur. «Je pense que l’heure des discours est terminée. Vous êtes venus de vous-même pour exprimer votre volonté de voir Jean Ping prendre le pouvoir, de voir ce pays évoluer», a-t-il déclaré, ironisant sur les différentes sorties de certains membres du Parti démocratique gabonais (PDG), ainsi que du président Ali Bongo qu’il qualifie d’«agitations».

S’il a appelé les partisans de leur mouvement à garder le cap de la résistance, l’ancien ministre d’Omar Bongo a invité le président de la République «à faire preuve d’humilité en respectant le choix du peuple» fait au soir du 27 août 2016. «Monsieur le président, si vous aimez un tout petit peu ce pays, nous vous conseillons l’humilité. Un être humain qui veut faire de la politique doit être humble. Si vous n’êtes pas humble, vous ne pouvez pas aller loin en politique. Cela veut dire qu’à un moment donné, il faut savoir regarder dans le rétroviseur. Si vous vous êtes trompés, arrêtez-vous, demandez pardon ! Si vous n’arrivez pas à demander pardon, regardez ce que fait le peuple parce que c’est la seule chose qui peut au moins vous sauver pour la suite de votre vie», a-t-il lâché.

Cette sortie a permis à H&M d’être au contact de la population de Port-Gentil qui, «de par sa présence massive» à la Place Roger Buttin, a réaffirmé selon les responsables de ce mouvement, «son désir de rompre avec le régime actuel et de voir son vote respecté au travers de la prise de pouvoir par le président élu Jean Ping».