Les hôtels du parc hôtelier Héliconia, appartenant à l’Etat gabonais, sont dans une mauvaise passe avec la récente descente des agents de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Ils menacent de suspendre la fourniture d’eau pour factures impayées de 798 millions de francs CFA.

Hotel Héliconia Stadium de Moanda menacé de suspension de la fourniture en eau par la SEEG. © D.R.

 

Le parc hôtelier Héliconia, propriété de l’Etat gabonais, gérée par l’Agence gabonaise de promotion du tourisme et de l’hôtellerie (Agatour), nage en eau trouble. La SEEG menace de fermer ses robinets. Elle réclame la-régularisation des factures relatives aux hôtels Héliconia de Bongoville, Franceville, Moanda et Libreville. Ces factures s’élèvent, selon les sources de la SEEG, à plus de 798 millions de francs CFA. «Nous devons desservir en priorité les clients financièrement en règle dans nos comptes», explique une note de la SEEG adressée à l’Agatour.

Dans les hôtels de ce parc étatique, c’est l’émoi. Une suspension de fourniture de l’eau compromettrait la viabilité de ces hôtels. C’est la mort assurée, soupire un des responsables. Les agents ne cernent pas en effet les réelles motivations de la SEEG. Pour eux, «il ne s’agit ni plus ni moins que d’une pression que cette société, en situation de monopole dans le pays, exerce sur l’Etat gabonais».

«Comment peut-on vouloir suspendre de l’eau dans ces hôtels qui ont largement contribué à la réussite de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football dans notre pays ? N’est-ce pas une façon de faire couler ces structures au profit d’autres par hasard?», «N’ont-ils pas d’accords ?», s’est interrogé un employés de l’hôtel Héliconia d’Agondjé.

Selon des sources concordantes, «les hôtels Héliconia bénéficient d’une prise en charge totale par l’Etat des fournitures d’eau et d’électricité». A l’Agatour, l’on explique que «depuis leur ouverture, ces structures qui font partie du patrimoine hôtelier étatique n’ont pas atteint un équilibre financier leur permettant de faire face à certaines charges, dont celles relatives à l’eau et à l’électricité». Pour cette raison, le ministre en charge du Tourisme de l’époque, Christophe Akagha Mba, avait entrepris, en 2015, des démarches auprès de son collègue du Budget et des Comptes publics, pour la prise en compte de ces charges. Une requête qui, explique-t-on à l’Agatour, avait reçu une suite favorable.

Une correspondance à ce sujet, adressée au directeur général de la SEEG en mai 2015, signée par le Secrétaire général adjoint du ministère du Budget, Basile Hans Nganga, précisait que : «conformément à la procédure habituelle et suite à la requête formulée par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Tourisme, j’ai l’honneur de notifier mon accord préalable et réglementaire pour la prise en charge des fournitures d’eau et d’électricité des hôtels Héliconia (Libreville, central, stadium et royal) avec effet rétroactif des arriérés».

Au regard du contenu de cette correspondance, il apparait que l’Etat avait pris la décision de s’occuper des frais de fourniture de ces services. «Que se passe-t-il donc aujourd’hui pour que la SEEG veuille absolument couper l’eau», s’interrogent les employés de l’hôtel Héliconia d’Agondjé.

Y a-t-il eu un couac quelque part qui bloquerait la machine ? Pour eux, suspendre la fourniture en eau serait «chasser une nouvelle fois la clientèle», alors qu’ils déclarent déployer de plus en plus de stratégies et d’énergie pour les ramener et surtout pour vendre la destination Gabon. Dans ce contexte, ils se retournent vers l’Etat et attendent qu’il agisse, afin de ne pas leur faire perdre leur gagne- pain.