Estimant ne pas avoir été officiellement limogés, les employés d’Héliconia réclament 9 mois de salaires impayés au groupe hôtelier public, dont l’agonie se poursuit depuis 2015.

Mathias Otounga Ossibadjouo (ministre du Tourisme) et Karine Arissani (DG de l’Agatour) sont interpelés par les employés d’Héloconia Libreville. © Montage / Gabonreview

 

Depuis plus de deux ans, le groupe Héliconia Suites Hôtel n’en finit pas d’accumuler les dettes, y compris vis-à-vis de la SEEG qui lui réclamait en mars 2017 près de 800 millions de francs CFA pour des factures d’eau impayées. Si l’opérateur a fermé ses robinets depuis, il y a quelques jours, à l’occasion des festivités de fin d’année, les employés de ce groupe hôtelier appartenant à l’Etat ont souhaité rappeler à l’Agence gabonaise de développement et de promotion du tourisme et de l’hôtellerie (Agatour) sa dette à leur endroit. Les employés d’Angondjé comptent près de 10 mois de salaires impayés.

Dans une vidéo publiée récemment sur la page Facebook du site Gabon Media Time, au nom de ses collègues, Léandre Louma, délégué du personnel d’Héliconia Libreville a lancé un cri d’alarme à l’adresse des autorités publiques. «Depuis avril 2017, nous sommes abandonnés à nous-mêmes, aucun salaire, aucun soutien de notre direction», s’est-il plaint, disant avoir déjà enregistré la perte d’un de ses collègues en raison de la situation de précarité dans laquelle ils vivent depuis près d’un an.

Si Léandre Louma et ses collègues savent que leur employeur traverse une crise financière depuis plus de deux ans, ils n’attendent pas moins un peu de considération de la part des responsables de l’Agatour, gérant du groupe hôtelier. Seulement, ni Karine Arissani ni son prédécesseur à la tête de l’agence n’a daigné répondre aux sollicitations des employés, qui se considèrent encore comme faisant partie des effectifs du groupe hôtelier. «Nous ne sommes pas licenciés, donc nous nous considérons toujours comme des employés des hôtels Héliconia, et nous avons tous les éléments nous permettant de parler au nom de tous les employés», a fait valoir le délégué du personnel.

Attendant le paiement de leurs arriérés de salaires, les employés d’Héliconia Libreville se sont laissés dire que les hôtels d’Angondjé et de Nzeng-Ayong n’étaient plus sous la tutelle de l’Agatour. Seules les structures de Franceville et de Moanda restent dans son giron. Les employés pointent «une injustice» à leur encontre. Ils appellent les autorités, particulièrement le ministre en charge du Tourisme, à se pencher sur leur cas.