La réglementation et les risques pour Port-Gentil de l’extraction anarchique du sable expliqués par le ministère des Mines et de l’Environnement.

En arrière-plan, un slide sur la «Création des plans d’eaux, atteinte graves au sol et au sous-sol». Au premier plan, Léa Boukandou, DGA2 du ministère des Mines, Martin Boguikouma, gouverneur et Robert Nzoghan, 1er maire adjoint, lors de la réunion. © Gabonreview/Louis Mbourou

En arrière-plan, un slide sur la «Création des plans d’eaux, atteinte graves au sol et au sous-sol». Au premier plan, Léa Boukandou, DGA2 du ministère des Mines, Martin Boguikouma, gouverneur et Robert Nzoghan, 1er maire adjoint, lors de la réunion. © Gabonreview/Louis Mbourou

 

Une délégation des ministères des Mines et de l’Environnement a entretenu les exploitants de sable, les autorités civiles et militaires de la province de l’Ogooué-Maritime sur la réglementation en vigueur dans le domaine. La réunion tenue à la Mairie du 1er arrondissement a été l’occasion pour Éléonore Léa Boukandou, le directeur général adjoint 2 du ministère des Mines, et M. Ndjokounda de la brigade environnementale, d’attirer l’attention sur les conséquences de l’extraction sauvage du sable observée dans l’île Mandji.

L’émissaire du ministère des Mines a tenu à rappeler le cadre légal régissant cette activité. Il s’agit des lois 017/2014 du 30 janvier 2015 portant réglementation du secteur minier au Gabon et 007/2014 du 1er août 2014 relative à la protection de l’environnement en République gabonaise. La DGA 2 du ministère des Mines a ainsi égrené les différentes autorisations concernant l’exploitation temporaire, permanente, les carrières d’utilité publique et les zones d’emprunt avant de rappeler que seul le ministre des Mines est habilité à signer ces autorisations.

Comme il fallait s’y attendre, le rappel des textes réglementaires a abouti à un constat amer sur l’exploitation du sable dans l’île Mandji : «non respect des dispositions, extraction illicite et autorisations signées par les autorités locales».

Le représentant de la brigade environnementale de la zone Ogooué-Maritime, Moyen-Ogooué, Ngounié et Nyanga a, images à l’appui, présenté l’extraction sauvage opérée sur le continent mais également les dangers du dragage marin non contrôlé. «Ces deux environnements sont gravement touchés par l’exploitation sauvage du sable», a-t-il indiqué avant de projeter des images montrant comment la végétation a disparu du côté de la Sogara suite à cette exploitation en toute illégalité. «Toute la mangrove qui a été dévastée joue pourtant un rôle très important dans l’équilibre environnemental et dans la reproduction des poissons», a ajouté M. Ndjokounda non sans relever que l’érosion côtière observée du côté de la Sogara, avec l’élévation du niveau de la mer, est une conséquence de cet acte irresponsable.

Égrenant toujours les conséquences de cette exploitation anarchique, l’orateur a évoqué la création des plans d’eaux dans les zones concernées avec pour conséquences la prolifération des moustiques, le risque d’inondations et de noyades. «Détruire le sol et le sous-sol sans réhabilitation déstabilise l’environnement. Nous tendons inexorablement vers une exposition de l’ile aux changements climatiques et vers sa déstabilisation», a conclu le représentant du ministère de l’Environnement.

Prenant la parole à son tour, le gouverneur de la province de l’Ogooué-Maritime a révélé que parmi la multitude de sociétés opérant dans l’exploitation du sable, une seule, Nuez et Fils, était dans la légalité. «Nous allons revisiter toutes les carrières et les gens qui n’ont pas de permis doivent arrêter. Mais chacun devra également réhabiliter ce qu’il a cassé», a annoncé Martin Boguikouma.