Alors que la législation gabonaise est encore muette sur le sujet, le gouvernement, ses partenaires techniques et les opérateurs économiques du secteur s’inquiètent de l’explosion du harcèlement sur Internet, et particulièrement sur les réseaux sociaux.

Le phénomène de cyber-harcèlement s’est intensifié ces derniers mois au Gabon. © D.R.

 

Depuis des mois, injures, fausses accusations, menaces et images pour le moins indécentes sont diffusées sur les réseaux sociaux. A l’occasion, le gouvernement s’était offusqué et appelé à la responsabilité des usagers. Crise sociopolitique aidant, le phénomène n’a pas cessé. Il semble même s’être intensifié ces derniers mois, frisant le harcèlement pour certains internautes. Au ministère de l’Economie numérique, l’on souhaite que ça cesse. Seulement, que dit la législation nationale sur le sujet, rien ou presque.

Scène de la réunion entre le ministre et les acteurs du numérique au Gabon. © D.R.

Pour combler ce vide, Alain-Claude Bilie-By-Nze a réuni, mercredi 27 décembre, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) et les opérateurs économiques du secteur, à l’instar des maisons de téléphonie mobile et autres fournisseurs d’accès à l’Internet. «Comment adapter notre législation pour mieux accompagner les opérateurs ? Quel cadre juridique et réglementaire mettre en place pour protéger le public face aux messages de violence et de haine que véhiculent les réseaux sociaux ? Quels mécanismes de prévention pour leur utilisation responsable ?» telles ont été les principales questions auxquelles les participants à cette réunion ont tenté de répondre.

Au cours des échanges «les opérateurs ont tenu à rappeler au ministre d’Etat en charge de l’Economie numérique qu’en l’état actuel de la réglementation, les différents organes qui existent n’ont pas compétence à intervenir dans le contenu, d’autant que la Constitution gabonaise garantit la confidentialité des contenus», a rapporté Serge Essongué, le secrétaire exécutif de l’Arcep. Les partenaires du gouvernement ont toutefois dit comprendre ses préoccupations. Aussi, sur instructions du ministre d’Etat, ils ont promis de réfléchir durant les prochains jours pour lui apporter des pistes de solutions. Celles-ci, a précisé Alain-Claude Bilie-By-Nze, devraient tenir compte de la liberté des usagers de l’Internet. Une commission a été mise en place, dont les résultats des travaux devraient renforcer les missions de l’Arcep.

En attendant que la législation intègre le sujet, d’autres participants ont milité pour la diffusion dans les médias et sur les réseaux sociaux de spots de sensibilisation, particulièrement adressés aux jeunes internautes. Plusieurs pays, notamment en Europe, ont choisi cette option contre le cyber-harcèlement.