Déçu par les conclusions du dialogue convoqué par Ali Bongo et préoccupé par la situation de «blocage» dans laquelle le pays est plongé, l’ancien président de l’Assemblée nationale appelle, dans cette interview accordé à Gabonreview, la coalition de l’opposition et le pouvoir à se rencontrer pour sortir le pays de la crise actuelle.

Le président du parti les Démocrates, Guy Nzouba Ndama. © Gabonreview

 

D’après un tweet de Sébastien Németh, journaliste à Radio France internationale, vous êtes favorable à un rapprochement entre Ali Bongo Ondimba et Jean Ping. Vous confirmez cela ou pas ?

Dans la situation actuelle, nous avons constaté que le dialogue convoqué par monsieur Ali Bongo n’a été qu’un leurre puisqu’il était destiné juste à légitimer sa position au sommet de l’État. Selon les conclusions intervenues entre les deux délégations, le président est élu pour un mandat de 7 ans renouvelable, donc rien à changer sous les tropiques. Le président reste président du conseil supérieur de la magistrature, il nomme trois membres de cour constitutionnelle, donc il garde l’essentiel des prérogatives. J’affirme que le pays est bloqué, le gouvernement est obligé de recourir aux emprunts obligataires pour payer les salaires des fonctionnaires, le gouvernement est obligé de créer des taxes pour faire entrer de l’argent dans les caisses de l’État. Mais, les entreprises répercutent ces taxes-là sur les prix des produits de consommation courante. Devant cette situation, je dis qu’il faut que la coalition et le pouvoir puissent se rencontrer pour discuter des problèmes du Gabon. Nos personnes sont en dessous des intérêts supérieurs du Gabon. C’est le Gabon qui prime. Il ne faut pas exclure des discussions entre la coalition de l’opposition et le pouvoir.

Guy Nzouba Ndama. © Gabonreview

Pourquoi n’aviez-vous pas pris part au dialogue convoqué par Ali Bongo pour arracher des mesures contraires à celles retenues à Angondjé?

Les conditions dans lesquelles ce dialogue avait été convoqué ne me satisfaisaient pas. D’abord pour des questions morales. Nous étions encore dans la période la plus chaude de la contestation, nous avions perdu beaucoup de compatriotes, beaucoup de compatriotes sont portés disparus. Nous n’avions aucune nouvelle d’eux. C’était difficile d’aller discuter de politique en ce moment-là. Il y a également la manière avec laquelle monsieur Ali Bongo Ondimba a procédé pour convoquer ce dialogue. Ça ressemblait au prince qui convoquait ses sujets. Pour lui, ce n’était pas quelque chose qui devait faire l’objet de discussion préalable, pour qu’on s’entende sur les thèmes de référence. Voilà, les deux raisons pour lesquelles j’ai dit que je ne pouvais pas aller à ce dialogue.

En cas de ce rapprochement entre la coalition de l’opposition et le pouvoir, quel sera le contenu et le format de ces discussions ?

La définition du contenu et du format de ces échanges incombe aux membres de la coalition. C’est à eux, de définir le contenu et le format des discussions avec le facilitateur ou le médiateur. Ce n’est pas à moi Nzouba de le définir sur la place publique.

Qui sera le garant de l’exécution des décisions issues de ce troisième dialogue, s’il venait à voir le jour?

Ce rôle est imparti au facilitateur ou au médiateur. C’est à eux de suivre l’exécution des décisions qui sortiront du rapprochement entre la coalition et le pouvoir. Je ne peux pas moi, donner un avis sur un quelconque médiateur parce que c’est du ressort de la coalition et du pouvoir. Mais, il faut quelqu’un qui fasse consensus entre les deux parties.