Condamnant la posture de certains proches d’Ali Bongo, après les propositions faites par des opposants n’ayant pas pris part aux assises d’Angondjé, le président du Bloc démocratique chrétien (BDC) se dit favorable à une nouvelle discussion, qui ne devra pas se faire sur le même format que le dialogue national.

Le président du Bloc démocratique chrétien (BDC), Guy Christian Mavioga, le 3 juin 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Il dit être «de ceux qui pensent qu’un deuxième dialogue national n’aura pas lieu» après celui d’Angondjé. Pourtant, Guy Christian Mavioga ne pense pas moins que les propositions faites récemment par Casimir Oyé Mba, Louis Gaston Mayila et Guy Nzouba Ndama, des soutiens de Jean Ping, doivent être considérées par le pouvoir. Pour le président du BDC, une discussion entre Ali Bongo et ces trois personnalités de l’opposition est possible, voire nécessaire pour un véritable retour à la sérénité dans le pays. Aussi, a-t-il mis en garde, samedi 3 juin, les proches du président de la République s’étant récemment prononcés contre la tenue d’une nouvelle discussion politique entre la majorité et l’opposition. Cette posture, selon lui, est loin de refléter la volonté d’Ali Bongo au nom duquel ces derniers prétendent parler. «Ali Bongo est le président de la majorité et celui de l’opposition. Ali Bongo appartient à tous les Gabonais. (…) Seul lui peut dire oui ou non à la tenue d’un dialogue particulier avec ses adversaires politiques», a-t-il rappelé au cours de sa déclaration de presse.

Le porte-parole de la majorité, Guy Christian Mavioga, le 3 juin 2017 à Libreville. © Gabonreview

Si Guy Christian Mavioga a rappelé aux membres de la majorité qu’Ali Bongo a «une dette vis-à-vis des Gabonais», qu’il a promis de «rendre heureux» dès son arrivée au pouvoir en 2009, il n’a pas manqué d’exhorter les proches du président de la République à faire preuve d’humilité et de retenue. «Si aujourd’hui nous pensons que les Gabonais sont heureux, alors faisons ce que nous voulons faire. Mais si les Gabonais ne sont pas heureux, soyons prudents», a-t-il prévenu, indiquant être favorable, non pas à un dialogue sous la même forme que les assises d’Angondjé, mais à «un dialogue permanent» entre les différentes forces politiques du pouvoir et de l’opposition.

Pour le porte-parole de la majorité, qui a dit comprendre les critiques des opposants sur les résultats du dialogue national, arguant qu’«aucune œuvre humaine n’est parfaite», le renfermement des uns et des autres dans leurs postures n’est bénéfique à aucun Gabonais, pas plus qu’il ne renvoie une image positive du pays à l’extérieur. Aux militants du Parti démocratique gabonais (PDG), refusant de discuter avec les soutiens de Jean Ping, il a tenu à rappeler le triptyque cher à leur formation politique : «dialogue, tolérance, paix». Quant au principal opposant à Ali Bongo, qui continue de réclamer sa «victoire» supposément acquise au terme de la présidentielle du 27 août 2016, Guy Christian Mavioga l’a invité à prendre en considération le positionnement de ses compagnons. «Jean Ping qui dit ‘‘niet’’ à l’appel de ses amis doit comprendre que la force qu’il a eu en 2016 dépendait aussi du soutien qu’il a eu de ces personnalités qui, aujourd’hui, appellent au dialogue. Il faudrait qu’il prenne conscience que Guy Nzouba Ndama, Casimir Oyé Mba et Louis Gaston Mayila sont des leaders politiques qui lui ont apporté des foules immenses pour l’aider à être ce qu’il a pu être en 2016.»

Guy Christian Mavioga a par ailleurs invité Jean Ping à faire face à «la réalité» selon laquelle «c’est Ali Bongo qui est au pouvoir». Toutefois, le président du BDC dit espérer que l’opposant revoie sa position. «Jean Ping ne dit pas non au dialogue. Il dit ‘‘niet’’. Oui, c’est une posture, mais c’est déjà un pas important lorsqu’il souhaite l’implication de la communauté internationale. Il accepte implicitement de discuter avec le pouvoir», pense-t-il avoir compris.