Plutôt que d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des agents des Régies financières, le ministre de l’Economie, Régis Immongault a préféré, dans sa réponse du 2 août, inviter ces agents à privilégier l’intérêt général en reprenant le travail avant de bénéficier des éventuelles primes.

Régis Immongault, en octobre 2014. © Gabonreview

 

La grève lancée depuis le 2 août par les agents des Régies financières, pour les primes de performance, est loin de trouver son épilogue. Alors qu’ils attendaient que le ministre de l’Economie apporte des réponses claires et concrètes à leurs préoccupations, les agents n’ont eu droit qu’à une réponse lapidaire et ambiguë.

En effet, si Régis Immongault Tatangani a semblé comprendre dans sa réponse rapportée, le 3 août, sur Radio Gabon, les revendications des agents, il a toute de même estimé que ce n’est pas en bloquant l’activité professionnelle qu’ils obtiendront les primes.

La solution réside, selon lui, dans la reprise du travail. Car, a-t-il affirmé, c’est en travaillant que les agents pourront être évalués pour bénéficier de la prime de performance.

Une réponse que les agents grévistes ne semblent pas comprendre, dans la mesure où les primes revendiquées leur sont dues depuis plus de trois mois.

En lançant la grève de trois jours le 2 août, les agents des Régies financières affiliés à l’Intersyndicale de douanes, impôts, trésor et hydrocarbures, ont invité le gouvernement aux négociations pour clore ce différend.

Or, au regard des réponses du ministre de l’Economie, cette solution semble loin d’être trouvée. Ce qui pourrait déboucher, dans les prochains jours, sur une grève générale illimitée.

Cette grève se manifestera, selon les agents, au niveau de la douane par la fermeture des magasins et aires de dédouanement, l’arrêt de liquidation et recouvrement, ainsi que le refus d’autorisation de main levée sur les conteneurs de marchandises.

Dans l’administration des impôts, les agents promettent d’arrêter les campagnes fiscales, les traitements de déclarations fiscales et les recouvrements. En ce qui concerne l’administration des hydrocarbures, les agents entendent arrêter les chargements pétroliers.

Au Trésor, les agents projettent arrêter des ventes fiscales, le système informatique et tout paiement de l’Etat. Autant dire qu’une menace de paralysie généralisée de l’Economie du pays est en passe d’être mise en musique.

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga