Suite à l’annonce par le ministre de l’Education nationale d’une inspection dans les établissements publics du pays, le Lycée technique de Ntoum a exprimé son intension de ne plus suivre le mouvement de grève initié par les syndicats du secteur, en reprenant les cours dès ce lundi 6 mars. Seuls les enseignants au poste toucheront leur salaire en fin-mars prévient le proviseur.

Des élèves du lycée technique de Ntoum. © bactechgabon.com

 

Les cours ont timidement repris au Lycée technique de Ntoum ce lundi 6 mars. Cette reprise qui intervient après deux semaines d’interruption est une décision de Lucie Mengue M’Oye, le proviseur de l’établissement, lassée de l’inactivité des élèves et inquiète quant au non-respect du programme d’enseignement établi au début de l’année scolaire. Toutefois, on imagine que la décision du chef d’établissement a été inspirée par la note d’instruction de Florentin Moussavou, adressée le lundi 27 février à l’Inspection générale des services, aux directeurs généraux de l’enseignement normal et de l’enseignement technique, aux directeurs d’académies provinciales, ainsi qu’aux chefs d’établissements. Le ministre de l’Education nationale y instruisait ces différents responsables d’«assurer le contrôle du suivi des activités pédagogiques» et de «dresser la liste des cas de refus d’affectation, de prolongation injustifiée de stage et d’abandon de poste».

Craignant des sanctions, alors que le ministre avait annoncé une mission d’inspection dans tous les établissements publics, le proviseur du Lycée technique de Ntoum a organisé une réunion avec ses collaborateurs le 2 mars. «Cette réunion a été demandée par la tutelle», a confié Lucie Mengue M’Oye à Radio Gabon, rappelant que l’arrêt des cours dans son établissement était survenu à la suite d’une descente de la Confédération nationale des syndicats du secteur éducation (Conasysed). Or, au Lycée technique de Ntoum, tous les enseignants ne sont pas syndiqués, a-t-elle indiqué, tout en assurant que des dispositions ont été prises pour assurer la sécurité des enseignants souhaitant reprendre le travail, ainsi que pour les élèves. «Ceux qui sont pour la reprise des cours seront suivis par les inspecteurs ou les surveillants de l’établissement, et au bout de deux semaines, il sera demandé à ceux-là de remplir une attestation spéciale de présence au poste. Ce n’est que grâce à cette attestation qu’ils bénéficieront de leur solde du mois de mars», a expliqué le proviseur qui a dit s’être «rapproché de la brigade de gendarmerie de Ntoum pour assurer la sécurité des enfants et des enseignants».

Le Syndicat de l’éducation nationale (Sena), à l’occasion d’une assemblée générale explicative tenue le lundi 6 mars à Libreville, a déjà prévenu les enseignants, à qui il a interdit de «signer ce chiffon». «Ceux ou celles qui rempliront ce document ne pourront plus jamais revendiquer, s’absenter ou réclamer quoi que ce soit jusqu’à la fin de leur carrière. Vous serez réduit à l’esclave», a adressé Fridolin Mve Messa, président du Sena, à ses collègues.