La grève générale des agents des douanes qui entrainera une diminution des sorties de containers du port d’Owendo, pourrait occasionner une rareté des produits de consommation susceptible d’exploser les prix.

La grève des agents des douanes peut se traduire par une augmentation des prix. © D.R.

 

Jean François Ollivier, DG de Bolloré Gabon, le 26 avril 2017 à Libreville. © Gabonreview

Engagée il y a une semaine, la grève des agents de douanes fait craindre le pire pour les ménages. Sur près de 200 containers sortis habituellement du port d’Owendo, seulement 20 ou 30 sont dédouanés depuis que cette grève a été enclenchée. Un déficit qui n’est pas sans conséquence.

«Depuis le 19 avril, on subit une situation compliquée avec une période de travail larvée et ciblée de douanes, de deux, trois heures le matin, qui fait qu’on est en train rapidement d’encombrer complètement le port, avec des sorties d’à peu près un quart, un cinquième de ce qui sort normalement. On risque d’avoir sous moins d’une semaine un engorgement et une obligation de dérouter certains containers», a prévenu pour sa part Jean François Ollivier, DG de Bolloré Gabon.

Plus grave, ce cumul de containers fera que «le port sera engorgé, et ça va créer la pénurie au niveau des magasins. Et la pénurie, mécaniquement crée l’inflation», a conclu Noël Mboumba, le ministre délégué à l’Economie, lors d’une rencontre avec les opérateurs du circuit de la distribution le 26 avril à Libreville.

Scène de la réunion avec le ministre délégué à l’Economie, le 26 avril 2017 à Libreville. © Gabonreview

Pour commencer à résoudre cette difficulté, a poursuivi le ministre, «il faudrait que le service minimum fonctionne au niveau du port d’Owendo et à l’aéroport. Tout doit être vraiment clair. La grève c’est bien. Si les syndicalistes ne peuvent pas assurer le service minimum, j’ai demandé au commandant de douanes, aux inspecteurs et aux chefs de bureaux, d’assurer le service minimum. Et nous avons mis les forces de sécurité pour vous aider justement à fluidifier l’accès au port pour faire sortir les containers ». Selon ce dernier, «il faut qu’on agisse rapidement pour ne pas laisser cet état de fait se réaliser».

Seulement, il est fort à craindre que les pertes occasionnées ne fassent l’objet d’une augmentation des marges pour rattraper le niveau des couts habituels, une fois la situation rétablie.

Auteur : Alain Mouanda