Les agents permanents du siège de l’Organisation nationale des employés du pétrole sont entrés en grève, le 3 janvier 2017, après expiration du préavis déposé sur la table de leur employeur il y a une semaine.

Affiches portant sur une partie des revendications des salariés de l’Onep en grève. © Gabonreview

 

Le préavis déposé par les huit agents permanents du siège de l’Onep sur la table de leur employeur compte trois préalables et plusieurs points de droit. «Tous les points de droit datent du préavis de grève de 2014. Ces points n’ont jamais fait l’objet de résolution depuis, c’est pourquoi ils reviennent dans le préavis de grève que nous avons déposé le 26 janvier 2017», explique la porte-parole des employés. Ces points concernent la régularisation de la situation professionnelle d’une employée, la reclassification de certains, la catégorisation de l’aide au logement, l’amélioration des outils de travail et la révision des accords d’établissement. Autant de revendications, somme toute légitimes, pour l’amélioration des conditions de vie et de travail de ceux qui assurent le service au siège du plus grand syndicat du secteur pétrolier.

Les agents grévistes en piquet de grève devant le siège de l’Onep. © Gabonreview

Lors des négociations engagées sous l’égide de l’inspecteur du Travail le 2 février dernier, ces points de droits n’ont pu être abordés, les discussions ayant achoppé sur les préalables, notamment le premier portant sur le «paiement de la prime de résultat pour l’exercice 2016-2017, suivant les données transmises par le Responsable administratif et financier». «Cette prime tire son historique du congrès de 2011. L’ancien Secrétaire général adjoint de l’Onep avait proposé aux congressistes trois éléments qui motivaient l’augmentation du taux des cotisations de 5 000 alors à 7 500 francs aujourd’hui. Le premier point concernait la construction du siège de l’Onep ; le 2e, l’équilibre financier pour permettre au syndicat de mieux fonctionner ; et le 3e était relatif à la fidélisation des employés permanents. Fidélisation parce qu’on a observé qu’à l’Onep, après un certain temps les employés démissionnaient quand ils trouvaient mieux ailleurs. Et l’Onep n’était pas en mesure de les retenir. Dans les 2 500 francs CFA d’augmentation, les salariés avaient 500 francs. Cette prime instituée par le Congrès nous a été payée en 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016. Aujourd’hui, on refuse de nous la payer», explique la porte-parole des grévistes.

Du côté du bureau national de l’organisation, qui représente l’employeur, on estime que le seuil fixé pour l’octroi de la prime n’a pas été dépassé. Toute chose qui prive les agents de celle-ci pour l’année qui vient de s’écouler. «Ils ont droit à une prime de résultat qui est calculée en fonction d’un seuil. Si ce seuil n’est pas dépassé, ils n’ont pas droit à la prime. Il faut bien que le seuil qui permette au syndicat de fonctionner normalement soit dépassé», réagit le Secrétaire national chargé des finances au sein du bureau national de l’Onep. Ce dernier met en avant une mauvaise interprétation de la décision du Congrès instituant cette prime devenue une véritable pomme de discorde. Mais pour les agents, le bureau national use d’arguties pour ne pas payer la prime réclamée. «C’est le bureau national qui a institué le plafond qu’il fait valoir aujourd’hui et qui ne figurait nullement dans l’esprit de la décision du Congrès qui est l’instance suprême du syndicat Onep (…) Le bureau national après le Congrès a mis en place une formule qui conditionne l’octroi de cette prime. Vous comprenez la contradiction. Les Congressistes ont dit qu’on a droit à 500 francs sur chaque cotisation les conditions émises par le bureau national n’avaient donc pas lieu d’être», se désole la représentante des salariés qui accuse le bureau national d’avoir mis en place «un plan à la Machiavel» pour les priver de cette prime.

L’absence d’accord sur ce premier préalable a donc conduit les agents à déclencher un mouvement de grève, le vendredi 3 janvier 2017. Une situation qui jette un discrédit certain sur l’actuel bureau national du syndicat pourtant résolument engagé dans la défense des intérêts et droits de ses adhérents. «C’est un peu paradoxal que l’Onep qui est censée défendre les intérêts et droits des salariés que sont ses adhérents, soit incapable de gérer les huit salariés que nous sommes», assène la porte-parole des employés. Un dépit renforcé par une note du bureau national rappelant les dispositions de la loi sur l’utilisation des biens de l’employeur lors d’une grève. «On nous interdit d’utiliser la tente et les sièges du syndicat pour notre piquet de grève. Le bureau national  nous demande d’enlever tous nos effets des bureaux et de lui remettre les clés. On apprend même que le contrat à durée déterminée d’une employée ne sera pas reconduit parce qu’elle prend part à la grève. Le syndicat oublie qu’il n’est pas un employeur comme les autres et devrait se montrer plus compréhensif. C’est vraiment paradoxal que celui qui est censé protéger les droits des salariés se comporte comme le pire des employeurs», enfonce davantage la représentante des salariés.

Deux autres préalables sont inscrits dans le préavis de grève des salariés, à savoir la mise à disposition de l’ensemble des employés de sessions de formation suivant les besoins spécifiques de leur service et la régularisation de la situation professionnelle d’un employé.