Artiste de renom partagé entre l’amour pour la peinture, le stylisme et la confection d’accessoires, Fabienne Gréco prépare une nouvelle exposition dénommée «Gréco 2016». Elle invite le public à découvrir du 9 au 20 décembre prochain à Libreville, l’originalité diversifiée de ses œuvres dans le cadre de son exposition annuelle. Un rendez-vous que l’artiste explique ici.

La coloriste styliste, Fabienne Greco. © Gabonreview

La coloriste styliste, Fabienne Gréco. © Gabonreview

 

Gabonreview : Après avoir exploré le jardin magique, expérimenté l’art pluriel, puis étudier la grécographie, que nous propose Fabienne Gréco pour son exposition 2016 ?

Fabienne Gréco : Chaque année, je rentre en ébullition à partir du mois de juin. Cette année, c’est juste «Gréco 2016», c’est tous mes arts mélangés. Il faut dire que depuis une toute petite année, j’ai démarré à faire du «body painting». C’est une autre corde à mon arc, mais avec toujours la peinture. Car jusqu’à présent, je peignais sur les toiles, sur les meubles, sur les robes et sur les murs. Maintenant, je peins sur les êtres humains. Cette façon de travailler qui est complètement différente de la toile, est très sensuelle, car il existe un rapport au corps que nous n’avons pas sur une toile plate et froide. Elle m’a amené à créer des dessins un peu plus ethniques sur un homme et parfois très romantiques sur une femme. Tout est lié et c’est le body painting qui me renvoie comme un boomerang à ma toile et qui m’a inspiré pour cette édition Gréco 2016.

Quel est l’intérêt de peindre sur des êtres humains et d’où vous vient cette idée?

Fabienne Greco dans son atelier. © Gabonreview

Fabienne Greco dans son atelier. © Gabonreview

C’est vrai que c’est très éphémère et que ça prend énormément de temps mais, moi je suis quelqu’un qui ne peut pas s’ennuyer. Je trouve toujours quelque chose de nouveau à faire. Et là, je me suis tout simplement amusé avec mes petits-enfants à peindre leurs visages et cela m’a donné l’idée de peindre sur des gens. Je l’ai proposé sur diverses expositions. L’intérêt c’est que je kiffe, je m’amuse, je suis toujours dans le bonheur, dans la création. On ne vit qu’une seule fois et j’ai l’intention de vivre ma vie à fond. Et comme je ne sais faire que peindre et coudre, je cherche tout ce qui peut me procurer du plaisir et en offrir aux autres également.

En quoi Gréco 2016, sera-t-elle différente par rapport aux précédentes éditions?

Il y a deux ans, l’exposition était très colorée avec des couleurs très criardes, J’étais allée dans des choses, plus monochrome. Or cette année, il y aura plus de bichrome. Deux couleurs noir et blanc. J’ai également quelques tableaux, des réminiscences de l’année dernière avec des couleurs extrêmement violentes. Ce qui m’a inspiré dans le choix du noir et blanc, est le fait que je peins beaucoup cette année sur des mannequins, des personnes à la peau noire, du coup mes toiles sont de la peinture blanche sur une toile noire. En plus de cela, il faut savoir que quand on a une inspiration, on ne sait pas d’où elle sort.

Comment arrive-t-on à organiser un tel évènement dans un contexte financier difficile comme celui que traverse le Gabon ?

Il est vrai qu’exposer coûte de l’argent même si les toiles et l’art devraient être gratuits aux yeux de tous. Mais bon, on a de gros frais de publicité, de location d’espace d’exposition, les salaires des hôtesses, des vendeuses. Pour ce coût-là, j’ai la chance d’avoir des sociétés qui sont partenaires, qui sont mécènes et qui m’aident. Je tiens vraiment à les remercier tous parce que si cette exposition se fait cette année c’est grâce à tous ces partenaires.

Que comptez-vous engranger comme bénéficie et comment allez-vous, vous y prendre, pour vendre la soixantaine de tableaux et  meubles?

Moi, je suis un peintre qui ne cherche pas à faire fortune. Ça fait vingt ans que je suis peintre. Avant j’étais danseuse, si j’avais voulu gagner beaucoup d’argent, je n’aurais pas fait ce métier-là. Moi mon but dans la vie c’est d’être heureuse et de vivre confortablement.J’ai quand même diminué la grandeur de mes tableaux de façon à avoir des prix un petit peu plus abordable. Mes prix sont calculés pour vivre correctement pas pour devenir riche. Sinon depuis 20 ans que je peins je devais déjà être riche. C’est vrai que mes toiles ont un certain prix, mais c’est parce que je mets beaucoup de résine sur les tableaux et ça coûte une fortune. J’espère que les gens seront séduits par mon art. Depuis quelques décennies j’ai des adeptes de mon art., ces gens-là malgré le fait que je change très souvent de style parce que je ne veux pas m’ennuyer, apprécient toujours mes œuvres.