Selon le ministère de la Santé, ce sont plus de 14 000 femmes qui ont bénéficié de la mesure de gratuité des frais d’accouchement dans les structures sanitaires publiques depuis mars dernier. Certains craignent cependant que la crise actuelle ne menace la pérennité de cette mesure.

La ministre d’Etat en charge de la santé, Denise Mekam’ne et des infirmières de la PMI d’Okala, en février 2018. © Gabonreview

 

Depuis l’entrée en vigueur, en mars dernier, de la mesure de gratuité des frais d’accouchement dans les structures sanitaires publiques, ce sont au totale 14 004 femmes qui en ont bénéficié. C’est le bilan d’étape qu’a fait la ministre d’Etat en charge de la Santé, Denise Mekam’ne, a la faveur d’une récente visite de terrain à Libreville, Akanda et Owendo. Le membre du gouvernement qu’accompagnait la représentante de l’OMS au Gabon a précisé que ces chiffres prennent uniquement en compte les parturientes de nationalité gabonaise, abonnées à la CNAMGS et âgées de 18 ans et plus. Il s’agit, a ajouté la ministre, de chiffres compilés dans les hôpitaux, dispensaires et centres médicaux des différentes villes du pays.

Face à ces chiffres plutôt encourageants, certains au gouvernement n’hésitent pas à exprimer des inquiétudes. Ils craignent qu’en temps de crise, la mesure ne soit plus suivie. La ministre de la Santé a d’ailleurs elle-même reconnu que «la gratuité a un coût». Or, depuis l’annonce de la mesure des frais de gratuité des accouchements, le nombre de bénéficiaires tend à augmenter. «Il va falloir trouver des financements pour renforcer cette mesure de gratuité», a prévenu Denise Mekam’ne.

Jusqu’à lors, l’Etat prend seul en charge le financement de la mesure de gratuité des frais d’accouchement dans les structures sanitaires publiques. Décidée par le président de la République, cette mesure baptisée «Zéro ordonnance» prend notamment en charge l’accouchement par voie basse et par césarienne, l’hospitalisation, la garde en observation, les soins du post-partum de la mère, les soins néonataux, les médicaments et le transport médicalisé. Les kits sont offerts par le gouvernement via les structures sanitaires. Espérons que ça dure.