A l’occasion de la réunion trimestrielle de la Société de transformation agricole et de développement rural (Sotrader), les coopératives agricoles ont exposé, le 18 avril à Oyem, les difficultés auxquelles elles sont confrontées dans le cadre du projet Graine.

Un membre d’une coopérative à Oyem. © Gabonreview

 

Réunies à Oyem du 16 au 21 avril dans le cadre de la réunion trimestrielle de la Société de transformation agricole et de développement rural (Sotrader), nombre de coopératives engagées dans la Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés (Graine) ont étalé au grand jour leurs difficultés. A l’instar de la coopérative Avole Nzame, créée en juin 2015 et cultivant la banane et le manioc.

Parmi ces difficultés, figure en bonne place la démotivation des membres. «La coopérative a été créée avec un effectif de 26 membres. Un nombre qui a cependant drastiquement baissé, avant de finalement remonter à 23», a déploré le trésorier général de la coopérative Avole Nzame. «Une situation consécutive à la décision de la Sotrader de supprimer la prime de 100 000 francs versé chaque mois aux coopératives engagées dans le programme Graine», a expliqué Minko Biteghe.

Minko Biteghe face à la presse. © Gabonreview

Autre difficulté rencontrée par la coopérative localisée à Mitzic, le faible rendement à l’issue de la récolte. «Nous sommes rentrés en production il y a un peu plus d’un an. Malheureusement, la production n’est pas à la hauteur de nos espérances», a regretté Minko Biteghe. En effet, la coopérative a récolté environ 3,7 tonnes de manioc et 7 tonnes de banane, pour une superficie plantée de 11 hectares. Soit 4 hectares de manioc et environ 7 hectares de banane. «La recette réalisée à l’issue de la commercialisation de nos produits est d’environ 1,5 million de francs CFA. C’est un chiffre vraiment dérisoire au regard du travail abattu et des sacrifices consentis», a affirmé Minko Biteghe.

Comme la quasi-totalité des coopératives engagées dans le programme Graine, Avole Nzame est également confrontée au conflit homme-faune. «Le problème est connu du gouvernement, mais ce dernier peine à trouver une solution pérenne. Nous avons adressé des correspondances au ministère de l’Agriculture, à celui des Eaux et Forêts et à la direction de Sotrader. A ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse», a affirmé le trésorier général de la coopérative Avole Nzame.

Ce dernier n’a pas manqué d’interpeller les autorités compétences sur l’équation de l’écoulement et la commercialisation des produits. «Au niveau de l’écoulement des produits, nous ne pouvons pas vendre nos produits sur place car le marché est étroit. L’une des solutions est d’envoyer les produits vers de plus grands marchés, à l’instar de Libreville. Mais comment y parvenir ? Là est la question, vu que nous ne disposons pas de véhicules», a souligné Minko Biteghe.

S’agissant de la commercialisation du manioc, notamment, la coopérative Avole Nzame a souhaité la mise à disposition d’espace de trempage. «Car vendu à l’état brut, le manioc ne nous rapporte pas grand-chose», a conclu le trésorier général de la coopérative.