Lors d’une rencontre avec la Ligue patriotique des jeunes de son parti,  jeudi dernier, le leader de Démocratie nouvelle (DN) a estimé, au sujet de la formation du futur gouvernement, qu’il était bien de laisser le chef de l’Etat «travailler en toute sérénité». De même, il a lancé un avertissement qui vaut ce qu’il vaut : «Si l’opposition n’est pas présente dans le futur gouvernement, cela pourra poser problème». 

René Ndemezo’o Obiang. © D.R.

 

Habileté politique ou sérieux avertissement à l’endroit du chef de l’Etat ? Ainsi posée, la question paraît incongrue, mais quand le propos vient d’un homme politique que l’on dit fin et habile manoeuvrier, on elle vaut son pesant d’or. Le propos de René Ndemezo’o Obiang peut être ainsi décrypté : il est clair, pense un observateur, que ce propos s’adresse en premier lieu au chef de l’État. Le leader de Démocratie nouvelle qui a co-présidé, pour l’opposition «responsable», le Dialogue politique d’Angondjé, estime qu’il faut «donner le temps au président de la République de bien travailler sa copie pour éviter des erreurs de casting». Pourquoi donc l’ancien élu de Bitam parle-t-il d’erreurs de casting ? entend-t-on auprès de divers commentateurs privés de la vie politique gabonaise.

Mieux, le leader de DN a laissé tomber une petite phrase qui sonne comme un avertissement au président de la République et à ses partenaires de la majorité : «Nous avons pensé que l’opposition qui était au Dialogue devait être présente au gouvernement. Si l’opposition n’est pas présente, cela pourra poser problème». Et d’indiquer que «la balle est dans le camp du chef de l’État». Cinq semaines après la clôture des assises d’Angondjé, l’opposition «participative» commencerait-elle à lancer des avertissements ou, mieux, des ultimatums, pourrait-on s’interroger.  

Selon des sources dignes de foi, un gouvernement d’ouverture devrait être formé au courant de ce mois de juillet. Des membres de l’opposition devraient y faire leur entrée, comme après la Conférence nationale de mars-avril 1990 et les Accords de Paris d’octobre 1994.  Selon ses proches, René Ndemezo’o Obiang espère être «payé d’un bon prix» après son départ du camp Jean Ping.