Les sélectionneurs de la nouvelle équipe gouvernementale se seraient-ils mépris dans leur casting, en embauchant l’activiste Léa Mikala ? La nouvelle ministre déléguée auprès du ministre des Eaux et Forêts s’est illustrée, le week-end écoulé, par une sortie vidéo qui en dit long sur son éducation et sa formation… visiblement sommaire.

La toute nouvelle ministre déléguée auprès du ministre des Eaux et Forêts chargé de l’Environnement et du Développement durable, Léa Mikala épouse Lelgouarch. © D.R.

 

Tata Huguette version émergent vient de faire son entrée au gouvernement ! Si on imagine mal un gouvernement de Jean Ping comptant la célèbre princesse gabonaise de l’invective aujourd’hui en éclipse, Ali Bongo et son Premier ministre viennent en tout cas de s’attacher les services d’une jeune dame sans manières et à la formation visiblement sommaire. Léa Mikala, nouvelle ministre déléguée auprès du ministre des Eaux et Forêts, n’était jusque-là connue sur la toile mondiale que comme activiste dégorgeant d’injures et d’insanités, avec des prises de parole très déplacées à l’endroit des détracteurs d’Ali Bongo et de l’émergence à la gabonaise. Une qualité suffisante pour devenir un membre éminent de l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev), nouvelle usine à hauts cadres et ministres.

Léa Mikala épouse Lelgouarch (au centre), avec ses amis de l’Ajev. © D.R.

Les habitudes ayant la peau dure, la nouvelle ministre, en attente de sa nomination au gouvernement, s’est offerte 13 minutes d’intervention filmée et postée sur sa page Facebook, invitant «les résistants de la diaspora à s’asseoir autour d’une table et de réfléchir pour le bien-être du Gabon». Dans cette vidéo devenue virale et ayant fait plus de 10 000 vues en une journée, le message a très vite viré aux paroles répugnantes, choquantes et en dessous de la ceinture. «Quelqu’un qui m’insultera dans cette vidéo, je commence à vous insulter : C… de vos mères !». Pour elle, les opposants à Ali Bongo ne sont qu’une «bande d’impolis !»,  des «malades» à qui elle assène : «Le Gabon n’a pas besoin de vous. Des enfants comme vous ne méritez pas d’entrer au Gabon». Nec plus ultra dans cette vidéo dégoulinante de haine et de mépris envers des compatriotes n’ayant pas le même positionnement politique qu’elle : «Ali a payé le C… de vos mères»… en toute indifférence.

Il ne faut pas en rigoler ! Ces paroles, qui sortent de la bouche d’une autorité politique du pays, en disent long sur l’identité et l’éducation de cette personne qui agira au nom du pouvoir en place, mais également sur la crédibilité de ses supérieurs hiérarchiques. Les réseaux sociaux gabonais n’ont pas manqué d’enregistrer des réactions dans lesquelles on en apprend notamment sur le statut matrimonial de la nouvelle ministre et sur «sa seule référence professionnelle» : «aide-soignante», quand d’autres soutiennent qu’elle n’a pas passé la classe de 4è. Ce dont on ne pourrait que difficilement douter, au regard du cycle de son langage, terre à terre, bourré de fautes, aussi bien de syntaxe que de grammaire, mais surtout sans fil conducteur. Une rhapsodie de grossièretés digne des filles déscolarisées des quartiers sous-intégrés de Libreville.

S’il est vrai qu’il faut un peu de tout pour faire un monde, pourquoi, ne serait-il pas le cas au sein du gouvernement Issoze Ngondet ? Et si l’on ramenait l’éducation civique en l’élargissant aux membres du gouvernement ?