Si l’on s’attendait à une meilleure représentativité des femmes, la composition du gouvernement Emmanuel Issoze Ngondet 2 est loin du compte. Sur 38 membres, celui-ci ne compte que 12 femmes.

Quatre des femmes ayant fait leur retour au gouvernement (montage). © Gabonreview

 

Ceux qui s’attendaient au respect de la parité homme-femme dans le gouvernement Emmanuel Issoze Ngondet 2, sont sans doute déçus. C’est un demi-échec. La déception est encore plus grande chez les Gabonaises qui, gavées par les promesses de la Décennie de la femme gabonaise, s’attendaient à voir les femmes aux postes stratégiques, parmi les plus importants de ce gouvernement.

Si personne n’avait osé pousser le rêve jusqu’à espérer de voir une femme au poste de Premier ministre, beaucoup se demandent toutefois où sont passé les promesses d’Ali Bongo, qui prévoyait de mettre en place des politiques visant à assurer l’amélioration des conditions de vie des femmes, tout en leur permettant de participer au plus haut niveau de l’Etat à la gestion du pays. Où en est-il avec la Décennie de la femme gabonaise décrétée en mars 2015 ? Réponse : il a nommé, ou fait nommer Clotilde Chantal Boumba Louey au poste de ministre déléguée auprès du Premier ministre.

Celle qui était encore, il y a quelques jours, maire de la commune de Gamba, s’occupera de la mise en œuvre de cette Décennie. Pourquoi n’a-t-elle pas été nommée ministre plein ? Ali Bongo semble penser que la qualité de ministre délégué est réservée aux femmes. Pour preuve, sur les 12 femmes présentes dans le gouvernement remanié, 7 ont le statut de ministre délégué, une seule, loin d’être une nouvelle venue, est ministre d’Etat (reconduite), et 4 sont ministres pleins. Curiosité : la distribution des rôles a été la même pour le nouveau gouvernement que pour le précédent.

Une fois de plus, Ali Bongo prouve qu’il fait, en réalité, peu de cas de la place des femmes. Mieux, lui et le Premier ministre ne semblent pas croire dans les capacités des femmes à occuper des postes de grande responsabilité. A moins que ça ne soit l’idée de la parité homme-femme de l’Emergence.