Moins de 24 heures après ses derniers coups de gueule contre le gouvernement, particulièrement contre le Premier ministre, Bruno Ben Moubamba, jusque-là ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, a été débarqué du cabinet Issoze Ngondet , le 7 septembre 2017, induisant  ainsi un léger remaniement ministériel.

Bruno Ben Moubamba. © D.R.

 

L’air grave, signe certain d’un malaise au sein de la nouvelle équipe formée le 21 août dernier, le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, est apparu personnellement sur les antennes de Gabon Télévision, aux alentours de 22 heures et 30 minutes, le 7 septembre, en vue de livrer un message.

En plus de rappeler à l’ordre les membres de son cabinet et raviver les trois principes fondamentaux qui devraient guider l’action du gouvernement, ainsi que les devoirs de ses membres, Issoze Ngondet a annoncé un léger remaniement :  le poste de poste de ministre d’Etat, en charge de l’Habitat, de la Ville et de l’Urbanisme a échu à Josué Mbadinga, sénateur de la commune de Moabi et ancien ministre. En d’autres termes, Bruno Ben Moubamba, ancien vice-Premier ministre, dernièrement devenu ministre d’Etat, ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, a été relevé de ses fonctions.

L’intervention du chef du gouvernement fait suite à une sortie tonitruante du jusque-là ministre de l’Habitat. Dans un post sur Facebook, Bruno Ben Moubamba s’en est pris à la Primature qui l’empêcherait de réaliser la mise œuvre du «Nouvel ordre urbanistique» national (Lire «Nouvelle sortie de Ben Moubamba») mais aussi aux autres membres du gouvernement et aux hauts cadres de l’administration. Dans la même journée, pour insuffisance de résultat, il a relevé provisoirement de leurs fonctions trois directeurs généraux de l’Agence nationale de l’Urbanisme, des Travaux topographiques et du Cadastre (ANUTTC) (lire «Séisme dans l’urbanisme»). La réponse du chef du gouvernement, attaqué, a été cinglante : le relèvement du ministre iconoclaste de sa fonction.

Avant d’en arriver là, Issoze Ngondet a pris le soin de rappeler les trois principes fondamentaux devant guider l’action du gouvernement et les devoirs de ses membres. «Le premier de ces devoirs est la solidarité gouvernementale qui induit que chaque ministre est solidaire des décisions prises par le gouvernement et les assume», a déclamé le chef du gouvernement.

Le second principe, a expliqué le Premier ministre, est «le devoir de responsabilité qui les oblige au sens élevé de l’Etat et par conséquence au devoir de réserve et de secret des délibération auxquels ils prennent part à l’occasion de l’exercice de leur fonction». «De fait, a-t-il précisé, les seules instances au sein desquelles (les ministres) sont appelés à exprimer librement leurs divergences éventuelles sont le Conseil interministériel et le Conseil des ministres».

Le troisième devoir qui s’impose naturellement à tous est «le respect de la hiérarchie». Issoze ngondet estime de ce fait qu’il est de son devoir de rappeler que le gouvernement de la République est la plus haute instance de gestion du pays autour du président de la République. «Il ne saurait en aucune manière devenir un forum au sein duquel chaque individu fait valoir ses propres intérêts. Il est également de mon devoir de veiller à la stricte observance, par tous, de ces principes et de ne tolérer aucun écart de nature à fragiliser la cohésion gouvernementale et son action au service de nos compatriotes», a-t-il déclaré. Selon le chef du gouvernement, le président Ali Bongo a accepté ce changement de ministre.

Quelques instants après son éviction de l’équipe gouvernementale, Bruno Ben Moubamba a naturellement réagi sur sa page Facebook. Il prend acte de son éviction du gouvernement, soutient s’être «exprimé en conscience face aux dépouillement de (ses) prérogatives» et annonce rependre son «combat politique» là où il l’avait laissé avant de «soutenir le candidat-président en août 2016». «Dieu reconnaîtra les siens», a-t-il écrit. Et d’annoncer une conférence de presse, en vue de livrer sa «part de vérité», le lundi 11 septembre prochain au siège de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR), sa formation politique.