L’actuel ministre de la Défense nationale, un des plus cumulards, a risqué de se faire débarquer du gouvernement en octobre 2016. Seulement, le communicant de Jean Ping a manqué son coup.

Etienne Massard, le «M. Cumul» d’Ali Bongo (à droite) et Jean Gaspard Ntoutoume Ayi. © Collage/Gabonreview

 

Peu après sa nomination au gouvernement, Etienne Massard Kabinda Makaga a bien failli être débarqué de son nouveau poste. C’est en tout cas, ce à quoi s’était employé Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, le communicant de Jean Ping, il y a neuf mois. L’hebdomadaire satirique La Griffe a publié, vendredi 21 juillet, un arrêt du Conseil d’Etat datant du 24 février 2017, qui déboute de sa requête le porte-parole de l’ancien président de la commission de l’Union africaine.

Si Jean Gaspard Ntoutoume Ayi avait saisi le Conseil d’Etat le 20 octobre 2016, c’est parce qu’il estimait que le décret portant nomination des membres du gouvernement avait été pris en violation des articles 65 alinéa 2 de la loi portant statut de la Fonction publique et 4 du décret déterminant les attributions du secrétaire général de la présidence de la République.

Il considérait notamment que le cumul des fonctions par Etienne Massard Kabinda Makaga participait d’une sorte d’excès de pouvoir. Le poste de ministre de la Défense nationale, estimait-il alors, était incompatible avec celui de secrétaire général de la présidence de la République et les autres postes qu’il occupait déjà.

Seulement, la requête de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a été jugée «irrecevable» par le Conseil d’Etat, et le ministre, l’un des hauts fonctionnaires les plus cumulards du pays, a pu voir son poste au gouvernement conservé.

Le motif évoqué : le requérant aurait dû, pour la régularité de son recours, épuiser toutes les voies de recours administratif prévues par des dispositions de la loi portant Code des juridictions administratives. Plutôt légère comme raison.

Depuis 2013, Etienne Massard Kabinda Makaga a acquis le surnom de «M. Cumul». Dès cette année, l’actuel ministre de la Défense nationale assumait déjà plusieurs casquettes : DG de l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (Ageos), conseiller spécial du président de la République.

Il cumulait ces fonctions avec celles du président de la commission technique de l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG). Dans le même temps, il était président du comité de gestion de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) et président du comité de gestion du Conseil national des Affaires climatiques (Conseil climat). Et il semble bien parti pour durer.