Originaire d’Oyem, chef-lieu de la province du Woleu-Ntem, Estelle Ondo, 4ème vice-président de l’Union nationale, fait partie, avec Bruno Ben Moubamba et Biendi Maganga Moussavou, des seuls membres de l’opposition à avoir accepté de «franchir le pas» !

Estelle Ondo, au premier plan, 4è vice-présidente de l’UN. Ici avec quelques figures de ce parti. © facebook/jeanpierre.rougou

Estelle Ondo, au premier plan, 4è vice-présidente de l’UN. Ici avec quelques figures de ce parti. © facebook/jeanpierre.rougou

 

«Peu de figures de l’opposition au sein du nouveau gouvernement», a titré l’hebdomadaire proche du Palais du bord de mer Jeune Afrique. Comme pour signifier que la «pêche au gros» a échoué… En effet, alors que pendant toute la semaine dernière, le nouveau Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, parlait avec détermination de la formation imminente d’un gouvernement de «très large ouverture» comprenant des personnalités issues de l’opposition et de la société civile, il n’y aura eu en définitive que ces deux personnalités à succomber à la promesse d’un portefeuille ministériel. Selon une «source proche du dossier», Estelle Ondo, comme d’autres, notamment Raymond Ndong Sima, Pierre Claver Maganga Moussavou et Mike Jocktane, aurait été reçue au Palais du bord de mer, à la fin de la semaine dernière, mais seule la quatrième vice-présidente du parti de Sobraga a formellement donné son accord, tout comme le leader du Parti social-démocrate.

On sait depuis dimanche soir qu’elle va occuper un portefeuille à rallonge – celui de ministre de l’Economie forestière, de la Pêche, de l’Environnement et de la Protection et de la Gestion durable des écosystèmes, où elle va succéder à Flore Joséphine Mistoul Yame (Eaux et Forêts et Environnement) à Gabriel Tchango (Pêche), ainsi qu’à Régis Immongault (Développement durable).

Venue dans les bagages de Pierre Claver Nzeng au moment de la fusion ayant donné naissance à l’Union nationale, Estelle Ondo a été promue, le 20 juillet 2014 et en mémoire de son défunt mentor, 4e vice-président de cette formation politique. «Un poste figuratif», soutient une ancienne militante de l’UN avant d’ajouter : «sa vacuité se perçoit pourtant très vite. Je ne comprends pas ce casting !» De l’avis de nombreux cadres de l’UN, sa démarche est solitaire et résolument individuelle, la hiérarchie de son parti n’a pas donné son aval à ce transfert et n’en a jamais parlé, même si des bruits sur les tractations ont transpiré.

 «Mais on se rend bien compte que la pêche à la ligne n’a pas donné grand-chose», affirme l’un des porte-parole de l’URDP, parti soutenant Jean Ping. Est-ce parce que la «prise» n’a pas été abondante que le Palais du bord de mer s’est vu obligé de faire de Bruno Ben Moubamba, tout de même un poids léger de l’opposition, le numéro 2 de l’équipe gouvernementale, avec rang et titre de vice-Premier ministre ? Les observateurs de la vie politique gabonaise sont nombreux à le penser. Parce que, après tout, «Ben Moubamba n’a qu’un mandat de conseiller municipal dans la petite bourgade de Ndendé», comme l’a dit un Conseiller spécial d’Ali Bongo qui regrette au passage qu’on ait «attribué cette fonction à quelqu’un qui n’a jamais fait que de l’agitation politique (grèves de la faim, excès verbaux, excès en tout genre)». 

La composition de cette équipe gouvernementale a fait réagir quelques journaux étrangers. C’est le cas du quotidien français Le Monde, dans sa version africaine, qui estime qu’«Ali Bongo échoue à faire un gouvernement d’ouverture (…) ; seuls quelques acteurs mineurs ont décidé de sauter le pas».