L’inamovible ministre du Pétrole depuis février 2012 a été exclu du gouvernement, ce  9 janvier,  sans que son point de chute n’ait été indiqué. Il figurait parmi les ministres devant «rendre des comptes», dénoncés par Hervé Opiangah.

Etienne Ngoubou. © D.R.

 

Étienne Dieudonné Ngoubou, jusque-là ministre du Pétrole et des Hydrocarbures, a été demis de ses fonctions au sein du gouvernement Issoze Ngondet, créant ainsi un petit effet domino. C’est l’information essentielle d’une brève communication livrée par le secrétaire général de la Présidence de la République dans la soirée du lundi 9 janvier. Il a été remplacé par Pascal Houagni Ambourouet.

Par voie de conséquence, le poste de ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, chargé de la Prospective et de la Programmation du développement qu’occupait Pascal Houagni Ambourouet, échoit à Noël Mboumba. Celui-ci était, jusqu’à hier ministre délégué auprès du ministre du Budget, chargé du Budget et du financement des Pensions. Par ricochet, son poste revient à un tout nouveau ministre : Edgar Anicet Mboumbou-Miyakou, fils de l’ancien ministre de l’Intérieur et ancien président du Conseil économique et social (CES), Antoine de Padoue Mboumbou Miyakou. On notera au passage que, comme pour préserver un certain équilibre géopolitique, le ministre entrant est de la même province qu’Étienne Dieudonné Ngoubou : la Nyanga.

Ce remaniement partiel du gouvernement est consécutif à un «décret du président de la République, chef de l’État, en date de ce jour, et sur proposition du Premier ministre, chef du gouvernement», a indiqué Guy Rossatanga-Rignault, secrétaire général de la présidence de la République gabonaise depuis le 28 décembre dernier.

L’éviction d’Étienne Ngoubou est intervenue au terme d’une journée ayant enregistré la convocation de Magloire Ngambia, à la Direction générale de la recherche (DGR) de la Gendarmerie nationale. Ancien ministre de l’Économie, du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme et ancien ministre de la Promotion des investissements, des Transports, des Travaux publics, de l’Habitat, du Tourisme et de l’Aménagement du territoire, Magloire Ngambia a été dernièrement indexé par un proche du président de la République, par ailleurs leader de l’Union pour la démocratie et l’intégration sociale (Udis).

En effet, dans une interview accordée au quotidien L’Union le 22 décembre dernier, Hervé Patrick Opiangah a dénoncé des ministres «sortants comme actuels (ayant) un double agenda, rongeant de l’intérieur tel le vers dans le fruit». Le patron de l’Udis a nommément cité Étienne Ngoubou, Magloire Ngambia et Désiré Guédon, récemment porté au secrétariat général de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC). Évoquant l’échec d’un chantier pour l’adduction d’eau vers Libreville, Ntoum et d’autres localités, Hervé Opiangah a laissé entendre que «plus de 110 milliards de francs ont été décaissés du temps des Désiré Guédon et Etienne Ngoubou». Et de souligner que cette «manne ne peut pas avoir été décaissée sans que les principaux responsables rendent des comptes».

Connu pour être un proche de Maixent Accrombessi, ancien directeur du cabinet présidentiel désormais haut représentant personnel du chef de l’Etat, Étienne Ngoubou devait se douter de ce qui se tramait. Il y a quelque temps, en effet, la direction générale des hydrocarbures, sous sa tutelle, a été confiée, sans lui en piper un mot, à Jacob Tsioba Thaty, jusque-là responsable du bureau local du cabinet Alex Stewart International.

Est-on donc arrivé au moment de rendre des comptes ? L’éviction d’Étienne Ngoubou du gouvernement et l’audition de Magloire Ngambia à la DGR ont-ils un lien avec la déclaration tonitruante d’Hervé Opiangah ? Seul le temps permettra d’être fixé.