A l’issue du Conseil des ministres du 27 février, Ali Bongo a appelé les membres du gouvernement à «bannir les comportements rétrogrades et antipatriotiques qui ont fait tant de mal» au Gabon.

Les membres du gouvernement réunis pour le Conseil des ministres (Archive). © D.R.

 

Au cours de ce dernier Conseil des ministres du mois de février 2017, Ali Bongo a mis en garde les membres du gouvernement sur leur atonie, dans la mise en œuvre de son projet de société, mais surtout sur la cacophonie qui règne au sein du gouvernement.

Si le président a appelé les ministres à «bannir les comportements rétrogrades et antipatriotiques qui ont fait tant de mal» au Gabon, sans pour autant les préciser, la mise en garde d’Ali Bongo semble surtout s’adresser à Bruno Ben Moubamba.

Selon Ali Bongo, «les ministres n’ont pas vocation à exprimer des opinions personnelles sur l’action du gouvernement, ni à avoir des états d’âme». Les membres du gouvernement «(…)doivent au contraire mobiliser toute leur énergie à faire réussir l’action gouvernementale qui est, avant toute chose, une action collective, pour le bien du peuple gabonais».

Visiblement, ce rappel à l’ordre vise particulièrement Bruno Ben Moubamba. Le vice-premier ministre en charge de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement fait en effet feu de tout bois pour se démarquer, depuis son entrée au gouvernement. Il critique sans pudeur, via les réseaux sociaux, des décisions prises par d’autres membres de l’équipe à laquelle il appartient.

Il a par ailleurs vertement critiqué la composition du Comité Ad hoc, chargée de l’organisation du dialogue politique national inclusif. Le 27 février dernier, fidèle à sa posture, sur les antennes de Radio France internationale (RFI), il s’est présenté comme l’«allié» d’Ali Bongo, dont il a dit être aussi «incompris» que lui. Mais cela n’a pas empêché ce rappel à l’ordre du président de la République.

Toutefois, Bruno Ben Moubamba va-t-il se taire ? En cas de récidive, sortira- t-il du gouvernement ? De toute évidence, cela dépendra de l’humeur d’Ali Bongo et non du premier ministre, dont l’autorité est déjà écornée par l’indocilité de l’ancien compagnon de Pierre Mamboundou.