Déçus de ne pas avoir été nommés comme d’autres au gouvernement, conformément aux arrangements du dialogue politique d’Angondjé, une coalition de partis et de personnalités politiques de l’opposition y ayant pris part ont exprimé leur frustration.

Gérard Ella Nguema, porte-parole, en compagnie des membres de la coalition, le 25 août 2017 à Libreville. © timesinfos.com

 

Trois mois après la clôture du dialogue politique d’Angondjé, 30 des 54 partis politiques de l’opposition qui y avaient participé ont le sentiment de s’être fait avoir. Ayant accordé leur confiance au président de la République, initiateur de ces assises, ainsi qu’au Premier ministre, premier responsable de l’organisation de celles-ci, les opposants dits «modérés» disent s’être faits rouler. Vendredi 25 août au siège du Conseil national de la démocratie (CND) à Libreville, ils ont décidé de donner de la voix pour dénoncer les nominations effectuées pour la formation du gouvernement Emmanuel Issoze Ngondet 2.

Conduite par Gérard Ella Nguema, ancien candidat à la présidentielle d’août 2016, la coalition a notamment déploré les nominations issues, pour certains, dans le giron familial. Allusion faite à l’entrée au gouvernement de Carmen Ndaot, fille de Séraphin Ndaot Rembogo, le président du PDS ayant soutenu la candidature d’Ali Bongo à la dernière présidentielle, ainsi que le maintien de Biendi Manganga Moussouvou, dont le père, Pierre-Claver Maganga Moussavou, lui aussi, récompensé pour sa participation aux assises d’Angondjé.

Frustrés, les membres de la coalition, parmi lesquels Bonaventure Nzigou Mamfoumbi du Front d’égalité républicaine (FER), n’y voient qu’une parodie d’ouverture à l’opposition. L’ouverture offerte par Ali Bongo «concerne essentiellement les ascendants et les descendants de quelques leaders politiques issus de l’opposition triés sur le volet». Ils y voient une «déchéance du pacte républicain et du principe de l’égalité de droit censé surclasser, en démocratie, le nombrilisme politique».

Les choix du chef de l’Etat et du Premier ministre, jugent-ils, «consacrent pernicieusement le pouvoir des baronnies et le diktat de certaines dynasties au détriment des citoyens valeureux, méritants et compétents dont l’opposition peut se prévaloir, au regard de sa contribution aux travaux du dialogue politique». Comme quoi, pour leur gouvernement, Ali Bongo et Emmanuel Issoze Ngondet auraient pu trouver mieux que les Maganga Moussavou et les Ndaot, par exemple.

Mis à l’écart, Gérard Ella Nguema et ses compagnons d’infortune tentent désormais de mettre la pression sur les autorités, en annonçant des mesures qui, ils l’espèrent, feront que les 30 partis de l’opposition oubliés soient enfin récompensés eux aussi. La coalition envisage d’abord de «mettre fin aux mandats de représentation accordés aux coprésidents de l’opposition lors des assises». Après avoir écarté Pierre-Claver Maganga Moussavou et René Ndemezo’o Obiang, elle entend s’opposer «à toute tentative des partis associés au gouvernement de voir figurer d’autres de leurs militants au sein du comité de suivi-évaluation des actes du dialogue politique», qui reste à mettre en place par le nouveau ministre en charge des actes dudit dialogue, Blaise Louembe.