Le président de la République a inauguré, le 29 août dernier, l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (Ageos), dédiée au suivi de l’évolution du couvert forestier et du niveau de stockage du carbone au Gabon et dans le Bassin du Congo-Ogooué.

Coupure symbolique du ruban par le chef de l’Etat. © Gabonreview

Coupure symbolique du ruban par le chef de l’Etat. © Gabonreview

 

Destiné à assurer le suivi de l’évolution du couvert forestier et du niveau de stockage du carbone au Gabon et dans le Bassin du Congo-Ogooué, l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (Ageos), située à une vingtaine de kilomètres de Libreville, a été inaugurée le 29 août dernier. Une cérémonie marquée par plusieurs allocutions avec, en prime, des invités de marque en tête desquels la ministre française de l’Ecologie et la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Ouvrant la série d’allocutions, le directeur général de l’Ageos s’est félicité de la mise en place de cette entité, qui vient «améliorer la gestion de nos ressources naturelles et de nos territoires terrestres et maritimes». «Dans un contexte où certaines ressources sont considérées comme un patrimoine commun pour l’humanité, il n’est plus concevable de les gérer sans posséder les données exactes et complètes qui permettent de construire les solutions aux problèmes de notre développement ; sans transparence dans la prise de décisions et leur mise en œuvre ; et encore moins sans capacité à évaluer les résultats afin d’apporter des ajustements nécessaires», a déclaré Etienne Massard Kabinda Makaga.

Dévoilement de la plaque inaugurale, par le chef de l'Etat, le 29 août à Nkok. © Gabonreview

Dévoilement de la plaque inaugurale, par le chef de l’Etat, le 29 août à Nkok. © Gabonreview

Partenaire privilégié de l’Ageos, Téléspazio France a été associée à cet évènement. L’occasion pour sa représentante de rappeler que le partenariat avec l’Ageos est né, il y a deux ans, de la rencontre de la vision du Gabon et de celle de l’entreprise franco-italienne. «L’inauguration aujourd’hui, en même temps que la station de réception de notre Earthlab Gabon commun, qui inclut les moyens de réception de la seule constellation radar au monde (…) est l’aboutissement d’un formidable travail commun de deux ans sous le pilotage très professionnel d’Ageos», a-t-elle déclaré, poursuivant : «Dès aujourd’hui vous pouvez, si vous le décidez, (…) bénéficier de services de surveillance maritime déployés depuis Earthlab Gabon, et ce sur l’ensemble du Golfe de Guinée. Vous pourrez surveiller vos eaux territoriales, détecter et identifier les embarcations qui y naviguent, observer les zones d’exploitation pétrolière offshore, surveiller vos frontières maritimes et terrestres». On le voit : grâce au programme de recherche et développement mis en œuvre par l’Ageos, le gouvernement pourra surveiller l’évolution des forêts, piloter et planifier le foncier rural, maîtriser son environnement, et donc sa destinée.

La ministre française de l’Ecologie, pour sa part, est revenue sur les enjeux de la géomatique et la télédétection, rappelant que «plus de 40% des impacts négatifs du changement climatique sont observables par l’espace». A en croire Ségolène Royal, l’Ageos permettra de «massifier l’observation et, par conséquent, de passer plus rapidement à l’action». Car, a-t-elle estimé, «le Gabon dispose désormais d’un outil exceptionnel pour l’observation des forêts tropicales du domaine maritime. Plus largement, ce dispositif d’observation, unique en Afrique centrale, doit, avec sa couverture de 2800 km, démultiplier les possibilités d’acquisition d’images pour l’ensemble des pays du Bassin du Congo et du Golfe de Guinée». Selon la ministre française, cette meilleure connaissance de la forêt et du littoral, participera à la conception de politiques publiques centrées sur le développement durable, compatible avec la proximité des écosystèmes forestiers, ainsi qu’un aménagement du territoire régulant les activités humaines. «C’est aussi un des outils de réconciliation entre la protection de l’environnement, créatrice de valeurs économiques et développement d’emplois durables, qui respectent les ressources naturelles», a conclu Ségolène Royal.