Le ministère de la Défense nationale dit avoir lancé une enquête pour déterminer les responsabilités suite à l’incident ayant opposé, le 8 novembre, des gendarmes et des élèves du Lycée technique national Omar Bongo (LTNOB) à Libreville.

Le président du Conseil national de la jeunesse du Gabon (CNJG), Stephen Ondias, au chevet de l’un des lycéens impliqués dans l’incident du 8 novembre au PK 5. © CNJG

 

Une enquête a enfin été lancée par le gouvernement suite aux nombreuses interpellations, y compris sur le plan international, après l’altercation ayant opposé, le 8 novembre au PK 5 (Libreville), des gendarmes et des élèves du Lycée technique national Omar Bongo. L’annonce a été faite dans la nuit du 14 au 15 novembre par le ministère de la Défense nationale sur Gabon Télévision. Celle-ci devrait permettre de déterminer les responsabilités de chacune des deux parties qui s’accusent mutuellement d’avoir été à l’origine de ce «regrettable incident».

En attendant les conclusions de l’enquête, le ministère a tenté de rassurer, en annonçant que le gendarme impliqué est «actuellement gardé dans les locaux disciplinaires de la police militaire à Gros-Bouquet». Le militaire mis en cause, a précisé le Général de brigade Elisabeth Nyngomanda, «fait l’objet de sanctions disciplinaires à titre conservatoire en attendant l’aboutissement de l’enquête en cours». Quelques élèves, présentés par les autorités comme «les meneurs» ont, quant à eux, été «entendus sur procès-verbal».

S’agissant de la version des faits, celle du gouvernement tranche avec celle entendue et lue ces derniers jours. En effet, si des témoins ont affirmé que l’incident est parti d’un banal accrochage entre un élève à qui le gendarme avait marché sur le pied en refusant de s’excuser, le communiqué du ministère de la Défense nationale affirme quant à lui que c’est le militaire qui a été «pris à parti» par les élèves alors qu’il tentait de faire son travail. Ce qui expliquerait donc qu’il ait délibérément jeté une grenade lacrymogène dégoupillée dans un taxi-bus rempli d’élèves, en prenant le soin de bloquer la portière pour que ceux-ci ne puissent s’en extraire. De ces deux versions opposées, laquelle considérer ?

Espérons néanmoins que toute la lumière soit faite au terme de l’enquête, dont certains craignent déjà qu’elle n’aboutisse pas, à l’exemple d’autres affaires dans lesquelles ont été impliqués des agents des forces de sécurité et de défense nationales. Les enquêtes lancées dans le cadre de l’«affaire Béranger Obame Ntoutoume» du nom du commerçant de 28 ans immolé le 1er novembre à Libreville, comme celle des femmes déshabillées n’ont par exemple pas encore livré leurs conclusions. Du moins pas officiellement. Là aussi, le gouvernement avait annoncé des sanctions disciplinaires à titre conservatoire.

L’«incident malheureux» du PK 5, a précisé le ministère de la Défense nationale, «a occasionné des dégâts corporels et matériels, dont un blessé léger et un cas ayant fait une crise d’asthme».