Libreville pourrait connaître de nouveaux affrontements entre les forces de l’ordre et les membres de la Dynamique unitaire soutenus par l’opposition, qui appellent à une «marche noire», ce mardi 18 décembre au rond-point de la Démocratie, à Libreville.

Comme les marcheurs de la CNR, la Dynamique unitaire entend demander le respect de l’article 13 de la Constitution ce mardi 18 décembre 2018, à Libreville ? © Gabonreview

 

Décidée à la faveur de l’assemblée générale de Dynamique unitaire, le 13 décembre, une «marche noire» doit avoir lieu ce mardi au rond-point de la Démocratie à Libreville. Au cours de celle-ci, la centrale syndicale entend demander le respect de l’article 13 de la Constitution qui prévoit la déclaration de la vacance du pouvoir en cas d’empêchement du président de la République. Regrettant que Marie Madeleine Mborantsuo ne s’y soit pas conformée après deux mois d’absence d’Ali Bongo du territoire national, Dynamique unitaire entend également demander, lors de ce rassemblement, la démission de la présidente de la Cour constitutionnelle.

Seulement, cette marche n’a pas été autorisée par le ministère de l’Intérieur ni même par la préfecture de police de Libreville. Certains craignent dès lors que celle-ci se solde par un nouvel affrontement entre les manifestants et les forces de l’ordre qui, on s’en doute, seront déployées sur le terrain pour empêcher ce rassemblement. Samedi, la marche improvisée de Jean Ping et ses soutiens, au terme de son meeting à son quartier général des Charbonnages, a été réprimée. Au sein de la Coalition pour na nouvelle République (CNR), certains ont clairement présenté cette «petite marche» comme «un avant-goût» de ce qui attend les autorités dans les jours prochains.

Ayant, en effet, sonné l’heure de la confrontation face à un pouvoir qui, depuis plus de deux ans, se refuse à reconnaître sa victoire supposée lors de la présidentielle d’août 2016, Jean Ping a invité, dimanche, les Gabonais «à répondre massivement à l’appel de Dynamique unitaire». Si le leadeur de la CNR évoque une «marche pacifique», il ne rappelle pas moins que son soutien à cette manifestation est conforme à son «esprit de détermination» et son «engagement». Pour Jean Ping cette marche fait donc désormais partie des «actions citoyennes et patriotiques pour la libération du Gabon».

Plus déterminés encore que les membres de la CNR, les jeunes leadeurs de l’opposition regroupés au sein du mouvement Appel de la patrie ont annoncé leur participation à la marche de Dynamique unitaire après avoir organisé, ces deux dernières semaines, une tournée de sensibilisation dans des quartiers de Libreville. Une sensibilisation portant essentiellement sur la nécessité du peuple à défendre la Constitution.

«Nous, Mouvement des jeunes de l’Union nationale, allons répondre de par notre présence à l’appel lancé par Dynamique unitaire, a récemment annoncé Firmain Ollo Obiang. Nous louons cet appel. C’est un courage, une détermination et un nationalisme exprimés». Le coordonnateur général des jeunes de l’UN a invité tous les jeunes gabonais à y prendre part, non sans défier le ministère de l’Intérieur à qui il a refusé d’adresser une demande d’autorisation pour la manifestation du 18 décembre.