Les eurodéputés ont adopté 17 résolutions sur le Gabon, ce jeudi 14 septembre, lors de la plénière du Parlement européen.

Vote au Parlement européen (archive). © Toute l’Europe

 

Au terme de la plénière du Parlement européen ce 14 septembre à Strasbourg, les eurodéputés ont invité la Vice-présidente/Haute représentante, la Commission européenne et les États membres à réexaminer leurs politiques à l’égard du Gabon et à envisager des sanctions ciblées à l’encontre des responsables de la fraude électorale et des actes de violences qui en ont découlé.

Yannick Jadot, eurodéputé français d’Europe-Écologie-Les Verts, le 14 septembre 2017 à Strasbourg, lors de son virulent speech contre le régime d’Ali Bongo. © Capture d’écran/Gabonreview

De même, l’organe législatif de l’Union européenne a adopté la résolution appelant Libreville à cesser de «harceler, intimider et persécuter» les opposants à Ali Bongo, jugeant «inadmissible» que Jean Ping ait été récemment empêché temporairement de quitter le pays. Rappelant que la législation gabonaise ne permet l’application de cette mesure exceptionnelle qu’aux personnes faisant l’objet d’une enquête pénale, il a été souligné par conséquent que cette mesure était arbitraire.

Les élus européens appellent Libreville à «libérer immédiatement toutes les personnes encore détenues illégalement». Ils condamnent «fermement les menaces permanentes, les agressions, le recours à la force ainsi que les restrictions sévères et les intimidations à l’encontre des opposants, des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes au Gabon». Ils ont également exprimé des réserves «quant au degré d’ouverture du dialogue national lancé par le gouvernement gabonais et, par conséquent, à sa crédibilité et à sa pertinence (et relevé) que Jean Ping et sa «Coalition pour la nouvelle République» ont refusé de prendre part à ce dialogue. Le Parlement européen a, de ce fait, appelé à l’organisation rapide d’un «forum consultatif pour un dialogue réellement ouvert à tous, transparent et impartial», demandant par la même occasion à l’opposition d’évaluer la crédibilité de ce processus.

Alors qu’elle s’inquiète des profondes divisions sociales et politiques qui règnent actuellement au Gabon, l’institution exige «une réponse politique claire afin de préserver la stabilité du pays, d’accroître la confiance des citoyens gabonais et de donner une légitimité réelle aux institutions ; demande la mise en place d’une enquête internationale, sous l’égide des Nations unies, sur les élections et les exactions qui ont été commises depuis, afin de déterminer la manière de mettre en place un dialogue politique permettant de sortir de la crise, tout en garantissant les droits démocratiques du peuple gabonais».

Les parlementaires invitent les participants au prochain sommet UE-Afrique, qui se tiendra à Abidjan, à inscrire la situation au Gabon à l’ordre du jour de la rencontre et à rappeler au Gabon ses engagements en faveur du respect des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit.

Un peu avant, lors des débats ouverts pour l’adoption de ces résolutions, Yannick Jadot, l’eurodéputé Français d’Europe-Écologie-Les Verts, a eu le ton virulent contre le régime d’Ali Bongo vis-à-vis duquel il suggère des sanctions pour les crimes et exactions commis, notamment dans la période post-électorale d’août 2016 ayant fait plusieurs morts et arrestations. «Alors si les mots ont un sens, dans cette enceinte, dans les traités, dans l’accord de Cotonou, l’Union européenne doit tout faire pour que s’installe la démocratie. Et elle doit mettre en œuvre des sanctions pour les auteurs des exactions et des crimes. Nous le devons pour la crédibilité de ce Parlement. Nous le devons aux Gabonais et Gabonaises. Et surtout nous le devons à la jeunesse gabonaise qui a un tel appétit de vie, un tel appétit de liberté. Mais qui ne peut pas se construire dans le ressentiment vis-à-vis de nous et vis-à-vis d’elle-même», a plaidé le militant écologiste et homme politique français.

Auteur : Alain Mouanda