Pour exiger le paiement de 4 mois d’arriérés de frais de session, les sénateurs ont suspendu, mercredi 7 novembre, l’audition du ministre d’Etat en charge du Budget et des Comptes publics.

La salle d’audition du palais Omar Bongo Ondimba. © Sénat-Gabon

 

C’est contrarié que Jean-Fidèle Otandault a quitté, mercredi 7 novembre, au palais Omar Bongo Ondimba, les sénateurs membres de la commission des Finances, du Budget et des Comptes publics. Alors que le ministre d’Etat s’apprêtait à défendre son projet de Loi de finances 2019, après l’examen du projet de loi de règlement, gestion 2017, les élus ont décidé de suspendre son audition. Ils lui ont clairement signifié que leur «situation» financière ne leur permettait plus de poursuivre les travaux. C’était leur façon de réclamer le paiement de 4 mois d’arriérés de frais de session.

Depuis plusieurs mois, en effet, les conditions de travail des sénateurs semblent peu intéresser le gouvernement. S’ils se sont plaints à de nombreuses reprises de l’état de délabrement du bâtiment abritant le Sénat, les mêmes élus avaient eu beaucoup de peines à cacher les arriérés de salaires et les coupes réalisées sur certains budgets liés au fonctionnement de la chambre haute du Parlement.

A l’instar d’André Richard Moussounda Mikala, président de la commission, les sénateurs n’entendent donc plus laisser le gouvernement faire à sa guise, s’agissant de leurs émoluments. Ils comptent bien entrer en leur possession de ce qui leur est dû. Aussi, ont-ils décidé de remettre «à une prochaine fois» l’examen du projet de loi déterminant les Ressources et les Charges de l’Etat pour l’année 2019.

Au terme de la 2e session ordinaire en cours, le Sénat à qui ont été confiées certaines prérogatives de l’Assemblée nationale, à la suite de sa dissolution en mai 2018, doit être renouvelé dans quelques semaines. Les élections locales ont eu lieu le 6 octobre dernier sur toute l’étendue du territoire nationale.