Issus pour la plupart de l’opposition et de la société civile, plusieurs jeunes leadeurs ont décidé d’engager et d’appuyer cette semaine à Libreville des manifestations populaires pour exiger «le respect strict de la Constitution».

Des jeunes leadeurs de l’opposition et de la société civile gabonaises, le 24 novembre 2018, à Libreville. © Gabonreview

 

Cette semaine, plusieurs manifestations de l’opposition et de la société civile devraient avoir lieu à Libreville. Toutes seront organisées pour une même raison : dénoncer la violation de la Constitution dont les initiateurs accusent Marie Madeleine Mborantsuo. A la suite des mobilisations organisées les 23 et 24 novembre au carrefour Rio et à Nkembo par Jean Eyéghé Ndong, plusieurs jeunes leadeurs ont annoncé qu’ils manifesteront également dans la capitale pour exiger le respect de la Constitution et appeler au départ de la présidente de la Cour constitutionnelle.

Seulement, ils tiennent à préciser que les objectifs de leurs manifestations ne seront pas forcément similaires à ceux énoncés par le président de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) à sa permanence politique : la réouverture du contentieux issu de la présidentielle d’août 2016 et l’installation de Jean Ping, vainqueur supposé de cette élection, à «sa place». Bien au contraire.

«Nous allons appuyer et renforcer les différentes manifestations visant à demander le respect strict de la Constitution. Et le respect de notre loi fondamentale que nous allons exiger concerne aussi bien le pouvoir en place que les opposants. Si nous souhaitons que l’article 13 soit mis en application, c’est pour permettre la prestation de serment de la présidente du Sénat et non pour que quelqu’un d’autre, qui aurait soit disant gagné on ne sait quelle élection, soit installé au pouvoir», prévient Ballack Obame, coordonnateur national adjoint des jeunes de l’Union nationale.

En initiant une rencontre à laquelle ont été conviés plusieurs jeunes leadeurs de la société civile et de l’opposition gabonaises, l’objectif de Firmain Ollo Obiang était de «réunir toute la jeunesse pour défendre l’intérêt de la Nation». Le coordonnateur national des jeunes de l’UN n’y est parvenu qu’à moitié, en réunissant d’anciens jeunes leadeurs de son parti ou ceux avec lesquels il s’était brouillé parce qu’ayant accepté de participer au dialogue politique de 2017, contrairement à lui.

«Nous avons de lourdes divergences, mais nous avons su faire fi de tout ça parce que la patrie nous appelle», a renchéri Marcelin Biko’o Moussavou, qui appelle à «organiser des parlements populaires visant à expliquer la Constitution aux Gabonais dans le but de leur permettre de la défendre en cas de violation».

Alors que leur première manifestation est prévue mercredi aux côtés de la société civile, les jeunes leadeurs de l’opposition appellent au «soutien des anciens» et à celui des jeunes de l’autre bord politique, à l’instar de l’UJPDG, des jeunes du CLR et ceux d’autres partis de la majorité. «Nous avons besoin de vous. Ce n’est plus le combat d’un parti politique mais celui qui consiste à défendre la Patrie. Nous sommes Gabonais. Or, les Bongo ont construit ce pays en nous divisant», plaide Wolfgang Ebanegha Essono, jeune militant de l’UN.