Bâclée lors de sa construction et presque jamais entretenue, la route Nationale 1 a cédé à nouveau aux environs de Bifoun, ce 13 mai, compliquant la liaison entre Libreville et les provinces du Sud du Gabon.

© Capture d’écran/D.R.

 

Annoncé par de nombreux internautes sur les réseaux sociaux, la route dite Nationale 1 s’est effondrée, dans la nuit du 12 au 13 mai 2018, à Bifoun, aux alentours de la délimitation des provinces du Moyen-Ogooué et de l’Estuaire. Le fait a été officiellement confirmé par le Premier ministre : «En raison des pluies diluviennes qui sont tombées ces derniers jours, la Nationale 1 vient de connaitre un violent effondrement au niveau de Bifoun, précisément à la frontière entre la province du Moyen Ogooué et celle de l’Estuaire», est censé avoir écrit Emmanuel Issoze Ngondet sur la page Facebook de la Primature.

Réunion de crise à la Primature

Selon le chef du gouvernement, le ministre des Travaux publics et l’Agence nationale des grands travaux et des infrastructures (ANGTI) ont été instruits «de se rendre sur les lieux et de prendre toutes les dispositions pour le rétablissement de la circulation dans les meilleurs délais.»  Il reste toutefois, que le trafic n’est pas totalement interrompu entre l’Estuaire et les provinces du Sud Gabon. La voie s’étant effondrée d’un côté de la route bordant une vallée, les automobilistes ont entrepris de contourner la craquelure géante en roulant sur le côté non bitumé.

Le Premier ministre a indique qu’il supervisera «une réunion de crise à la Primature, ce lundi 14 mai 2018 à 9h00 avec tous les responsables des services compétents» tandis que le ministre de la Défense nationale «a également été instruit de se tenir prêt à mettre à contribution le Génie Militaire en cas de nécessité

Travaux bâclés : «Le moins cher coûte cher»

Les ruptures de route se répètent au Gabon, pays n’étant pas le seul à avoir une importante pluviométrie. En octobre 2012, à Meyang à 5 km de Ntoum en allant vers Kango, une buse défectueuse avait été détruite par une forte pluie, coupant Libreville du reste du pays par voie terrestre. Plus tard, en novembre 2017, la Nationale 1 était à nouveau coupée au niveau de Nkoltang, à une trentaine de kilomètres de la capitale. Ce du fait d’une vieille buse ayant cédé également sous la pression d’une forte pluie.

Une analyse sommaire de l’archéologie des lieux accidentés indique que la construction des routes, pourtant appelées à charrier des automobiles poids lourds, a toujours été bâclée au Gabon : couche de goudron de moins de 10 cm d’épaisseur, couche de béton figurative, absence gravier devant servir de drain, absence de géotextile pour le paillage, etc. «Le moins cher coûte cher», dit-on souvent. Jusqu’à quand le pays payera-t-il le laxisme et la corruptibilité des ordonnateurs gabonais de ces routes et autres chantiers importants ?