Ayant prévu de faire entendre leur voix contre la décision n° 219/CC, des femmes de l’opposition et de la société civile ont vu leur rassemblement devant la Cour constitutionnelle rapidement dispersé par la police qui a arrêté 9 manifestants.

Les manifestantes empêchées de manifester, le 22 novembre 2018, devant la Cour constitutionnelle, promettent de revenir bientôt à la charge. © Gabonreview

 

Prévu ce jeudi 22 novembre devant le portail du bâtiment abritant la Cour constitutionnelle, la manifestation des femmes de l’opposition de la société civile n’a pas eu lieu. Vêtues de blanc pour certaines, elles avaient souhaité exprimer leur mécontentement à la suite de l’annonce de la décision n°219/CC ayant permis au vice-président de la République de convoquer puis de présider le Conseil des ministres du 16 novembre dernier. La police les en a empêché, prétextant que leur mouvement n’avait pas été annoncé au préalable comme le prévoit la loi.

Aussi, les agents de la police nationale ont-ils conseillé aux manifestantes s’étant réunies en face de l’état-major de l’armée de terre de quitter cet endroit jugé «sensible». Au bout de plusieurs minutes de discussions «pacifiques» avec le premier groupes de policiers s’étant soldées par l’acceptation des femmes de quitter les lieux pour se réunir sur le parking de l’établissement La Génoise, c’est l’arrivée d’un second groupe d’agents, la Brigade anticriminel (BAC), visiblement décidé à en découdre, qui a mis le feu aux poudres.

S’en est alors suivi quelques arrestations d’hommes venus se joindre aux femmes, dont les pancartes ont été arrachées par la police. Il faut dire que le ministère de l’Intérieur n’avait pas du tout envie que la manifestation de ces femmes ait lieu. Sinon, qu’est-ce qui expliquerait la mise en place d’un tel dispositif ? Parmi les manifestantes, certaines assurent qu’avant l’intervention de la BAC, ni aucune action ni aucun mot de travers n’avait été adressé aux agents.

«Tout ça pour les femmes ? C’est honteux. Jusqu’à quand allons-nous continuer comme ça, alors qu’une certaine femme s’amuse à violer notre Constitution ?», s’est interrogée l’une d’elle sous le couvert de l’anonymat. L’accusant de «manipuler la Constitution [comme] un menu de restaurant», une autre a promis que les femmes reviendront à la charge dans quelques jours. Leur objectif : «déloger» la présidente de la Cour constitutionnelle.

En dehors des femmes, des organisations de la société civile gabonaise et une partie de l’opposition appellent à manifester ce vendredi 23 novembre à Rio, à Libreville. Cette manifestation dont l’encadrement par les forces de l’ordre a été formellement demandé par le sénateur Jean Eyeghe Ndong ne risque pas d’avoir lieu. Au Gabon, l’absence d’Ali Bongo depuis un mois, semble avoir rendu les autorités plus frileuses que d’habitude.