Pour revendiquer le respect de la Constitution et réclamer l’installation de Jean Ping au pouvoir, la Coalition pour la nouvelle République (CNR) annonce dès la semaine prochaine plusieurs manifestations à Libreville et à l’intérieur du pays.

La CNR et son président Jean Eyéghé Ndong, annonce des manifestations dans les prochains jours. © Gabonreview

 

La semaine qui vient risque d’être riche en activités pour l’aile dure de l’opposition réunie autour de Jean Ping. Rassemblés ce samedi 24 novembre à la permanence politique du sénateur Jean Eyéghé Ndong, à Nkembo dans le 2e arrondissement de la commune de Libreville, plusieurs membres et sympathisants de la CNR ont annoncé des manifestations dans la capitale qui, espèrent-ils, devraient gagner l’intérieur du pays.

Prévue le lundi 26 novembre prochain, la première manifestation présentée comme une «réunion politique», devrait avoir lieu au Marché-Banane au PK8 dans l’après-midi. Cette mobilisation vise deux principaux objectifs : exiger le respect strict de la Constitution «violée» selon la CNR par Marie Madeleine Mborantsuo, dont la Coalition demande le départ ; et revendiquer «l’installation de Jean Ping à la place qu’il faut», donc à la présidence de la République.

S’il s’est refusé d’évoquer plus longuement les ennuis de santé d’Ali Bongo, Jean Eyéghé Ndong a, en effet, affirmé qu’«avant d’invoquer l’application de l’article 13 de la Constitution, il y a un contentieux qui reste à vider depuis la présidentielle d’août 2016 : l’annulation sans explication des résultats de 21 bureaux de vote dans le 2e arrondissement de Libreville». Convaincu de ce que ces «11 000 voix» ou la reprise du scrutin dans cette circonscription auraient pu permettre à Jean Ping de l’emporter face à Ali Bongo déclaré vainqueur, le sénateur assure que tant que ce contentieux ne sera pas vidé, la situation de crise politique dans le pays restera en l’état.

Bien que déçu de la faible mobilisation de vendredi au carrefour Rio et de celle de ce samedi à son QG, le président du groupe parlementaire Front uni au Sénat appelle à plus d’implication des «Gabonais qui se plaignent chez eux, au bureau ou dans les bars». «Je ne vous demande pas de faire le fou dans la ville mais d’exprimer votre colère», précise-t-il, exhortant les jeunes, notamment «les étudiants en droit», à se pencher sur la décision prise le 14 novembre par la Cour constitutionnelle, ayant permis à Pierre-Claver Maganga Moussavou, «élu par le président de la République comme le serait un directeur général», de présider un Conseil des ministres. Jean Eyéghé Ndong exhorte précisément les jeunes à se mobiliser à travers toute la ville, y compris à l’intérieur du pays.

Dans le cadre de ces mobilisations à venir, qui prépareraient «un véritable rassemblement populaire à Rio», la CNR a lancé le Mouvement TGV, dont la destination est le palais du bord de mer à Libreville, avec l’installation de Jean Ping sur le fauteuil occupé actuellement par Ali Bongo, absent du pays depuis son malaise le 24 octobre dernier à Riyad en Arabie Saoudite.