Plus d’un mois après son appel au rassemblement, dont il reconnaît l’échec, le leadeur de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) sonne ce samedi 15 décembre «l’heure de la confrontation» avec les autorités gabonaises à qui il réclame depuis plus de deux ans sa victoire supposée lors de la présidentielle d’août 2016.

Ce samedi 15 décembre 2018, la main tendue de Jean Ping «s’est fermée pour devenir un coup de poing». © Gabonreview

 

Jean Ping et ses soutiens ont marché jusqu’à l’échangeur des Charbonnages après le meeting du QG. © Gabonreview

Passé le temps de la relative accalmie depuis le début des ennuis de santé d’Ali Bongo, actuellement en convalescence à Rabat au Maroc, Libreville et d’autres villes du Gabon pourraient connaître des troubles dans les jours qui viennent. C’est, en tout cas, le message qu’a semblé délivrer Jean Ping aux autorités à qui il réclame depuis plus de deux ans sa victoire supposée lors de la présidentielle d’août 2016. Ce samedi 15 décembre à son QG aux Charbonnages dans le 1er arrondissement de Libreville, le leadeur de la CNR a sonné «l’heure de la confrontation».

«Je ne vous retiens plus, la voie est libre», a lancé l’opposant à ses partisans, disant avoir «épuisé tous les autres arguments». Pour lui, «il ne reste plus que la confrontation» face à un pouvoir qui continue de nier sa «légitimité».

L’ancien candidat consensuel de l’opposition à la dernière présidentielle au Gabon n’a pas manqué de rappeler qu’avant cet appel au «combat», deux mois plus tôt, il avait invité les Gabonais de tous bords politiques au rassemblement en vue de « la reconstruction du pays». L’opposant a reconnu que sa main tendue le 3 novembre dernier «est restée désespérément vide». Aussi, a-t-il annoncé que celle-ci «s’est fermée pour devenir un coup de poing».

«J’ai toujours pensé qu’il faut avoir deux fers au feu : un qui concerne la négociation et un autre qui concerne le rapport de force», a-t-il indiqué,  disant avoir décidé que «le temps de la négociation et du rassemblement est fini». Pour Jean Ping qui a tenu à faire une marche au terme de son meeting, à partir de maintenant, «ça passe et ça casse».

Son changement de ton, Jean Ping le justifie par le fait que «l’heure est grave» et que depuis le malaise d’Ali Bongo à Riyad en Arabie Saoudite, le 24 octobre, «le pays est sous respiration artificielle». Il semble donc vouloir prendre les choses en main.