Après avoir fustigé le silence autour de la santé d’Ali Bongo, Gérard Ella Nguema a promis, au cours d’un point presse tenu le 5 décembre à Libreville, introduire deux requêtes auprès de la Cour constitutionnelle en vue d’une réinterprétation des articles 13 et 16 de la Constitution et la suppression de la décision n°219/CC du 14 novembre.

Le président du Front patriotique gabonais, au cours de son point-presse, Libreville le 5 décembre 2018. © Gabonreview

 

Jusqu’ici muet, Gérard Ella Nguema a rompu le silence d’une petite voix. Il s’est prononcé sur l’hospitalisation d’Ali Bongo et la décision n°219/CC du 14 novembre de la Cour constitutionnelle.

À la faveur d’un point-presse tenu le 5 décembre à Libreville, le président du Front patriotique gabonais s’est étonné de «l’imbroglio politico-juridique et médiatique érigé au sommet de l’Etat autour de l’hospitalisation d’Ali Bongo, depuis le 24 octobre à Ryad en Arabie Saoudite».

Selon Gérard Ella Nguema, cette «cacophonie, savamment entretenue met le pays dans une situation de crise institutionnelle et constitutionnelle. La santé du chef de l’Etat n’est pas une affaire de famille ou d’un groupuscule,  mais une affaire d’Etat. On ne peut pas dissocier Ali Bongo et sa fonction de président de la République».

Le président du Front patriotique s’est également prononcé sur la décision n°219 du 14 novembre de la Cour constitutionnelle ayant permis au Vice-président de convoquer un Conseil des ministres.

«En prenant cette décision, la Cour constitutionnelle s’est fourvoyée en s’arrogeant les prérogatives du législateur», a estimé Gérard Ella Nguema et de s’interroger : «Sur quelle base la Cour constitutionnelle s’arroge-t-elle le droit de modifier la loi ? Comment la Cour constitutionnelle, gardienne des lois, peut-elle s’arroger les pouvoirs discrétionnaires du président ? La Cour peut-elle être juge et partie ? Quelle valeur juridique auront les décisions prises en Conseil des ministres ?»

L’ancien compagnon de Mba Obame estime que «cette manipulation et violation délibérée de loi fondamentale laisse présager un coup d’Etat constitutionnel». Face à cette situation, le président du Front patriotique envisage introduire deux requêtes auprès de la Cour constitutionnelle. Une requête pour la relecture des articles 13 et 16 de la Constitution. Une autre requête pour la rétractation de la décision n°219/CC du 14 novembre 2018, relative à la saisine du premier ministre.

Il envisage également de saisir le Conseil d’Etat via « un recours pour excès de pouvoir, visant à annuler les décisions prises en Conseil des ministres du 16 novembre».

Par la même occasion, le président du Front patriotique gabonais a annoncé la création, dans quelques semaines, d’un parti politique, le Grand rassemblement des nationalistes. Ce parti aura pour seul credo «la défense des intérêts de la défense, la protection l’intérêt supérieur de la Nation », a-t-il affirmé.

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga