Mutée, lors du conseil des ministres du 12 juillet dernier, à la Mission Permanente du Gabon près l’Office des Nations-Unies à Genève comme Représentant permanent, Félicité Ngoubili devrait être remplacée très prochainement à l’ambassade du Gabon en Belgique et à la Représentation permanente du Gabon auprès de l’Union Européenne. Trois noms circulent…

Au moment où les tensions entre Libreville et Bruxelles sont au plus haut, le choix d’un bon ambassadeur paraît essentiel.© D.R.

 

Tenu il y a une vingtaine de jours, le dernier conseil des ministres a procédé à un réaménagement technique du corps diplomatique gabonais. Marianne Bibalou est devenue ambassadeur à Berlin, en remplacement de Jean-Marie Maguéna qui ne sera resté en poste dans la capitale allemande que quelques mois. Pour sa part, Marie-Edith Tassyla ye Doumbénéni, précédemment ambassadeur auprès de l’Union africaine et de l’Ethiopie à Addis-Abéba, a été nommée Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères (avec, comme il est d’usage, rang et titre d’ambassadeur du Gabon). A 45 ans et dotée d’une grande expérience (directeur du Protocole, conseiller Afrique du ministre des Affaires étrangères, etc.), cette ancienne journaliste, très vite reconvertie en diplomatie, devient la plus jeune Secrétaire générale de ce département ministériel. Félicité Ngoubili, elle, servait à Bruxelles à la fois comme ambassadeur auprès du Royaume de Belgique et de l’Union Européenne.

La relation mi-figue mi-raisin (la figue ayant toujours eu une connotation négative) que vivent le Gabon et l’Union Européenne fait admettre, chez de parfaits connaisseurs de la diplomatie, que Libreville ne pourra laisser ce poste longtemps inoccupée, même si, en diplomatie, le rôle d’un Chargé d’affaires n’est pas négligeable.

Qui donc pour succéder à Félicité Ngoubili ? L’opinion devrait, en principe, être fixée très vite. Pour le moment, trois noms circulent. D’abord, celui de Mireille Sara Nzenzé, la Secrétaire générale sortante du ministère des Affaires étrangères. Âgée de 52 ans, la jeune femme en serait alors à son premier poste d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire. Les observateurs avisés estiment que son manque d’expérience au niveau des grandes capitales européennes pourrait être un handicap pour elle.

Est également cité : Hermann Immongault. Celui-ci vient de quitter Ankara où il servait en qualité d’ambassadeur du Gabon auprès de la Turquie. Le jeune frère du ministre de l’Economie avait servi auparavant comme premier conseiller à l’ambassade du Gabon à Paris. Il disposerait, pour certains observateurs, d’une longueur d’avance sur Mireille Sara Nzénzé. Timide et peu disert, voire taiseux, Hermann Immongault aurait besoin de sortir de sa coquille pour soutenir, avec efficacité et efficience, les dossiers «chauds»… Le pourra-t-il ?

Le dernier cité est Aimé-Brice Sackyss, actuel directeur général de la Fonction Publique. Ce «quinqua», diplômé de Philosophie puis de l’ENA, qui a servi au département diplomatie de la Primature sous Paulin Obame Nguéma et au Sénat comme conseiller chargé du protocole sous Georges Rawiri, est un homme discret et humble, connu pour sa bonne immersion dans les dossiers et son efficacité. Il est également cité pour aller remplacer Etienne Essonghé à Rome. L’actuel ambassadeur du Gabon en Italie, qui y était en poste depuis plus de dix ans, est en effet rappelé (à Libreville) pour jouir de ses droits à la retraite.

Au final, c’est bien sûr au président de la République que revient le choix du successeur de Félicité Ngoubili. Au moment où les tensions entre Libreville et Bruxelles sont au plus haut, le choix d’un bon «candidat» pour le poste paraît essentiel. Mais quel que soit celui ou celle qui sera choisi (e), il ou elle se doit d’avoir de l’expérience et une grande connaissance des dossiers diplomatiques, pour éviter les «sorties de route» auxquelles on assiste dans l’actualité diplomatique gabonaise la plus récente…