L’association Valeurs et idéologies de Pierre Mamboundou (VIP) s’est offusquée, le 6 décembre à Libreville, de la décision la Cour constitutionnelle sur l’amendement de l’article 13 de la Constitution. «La Cour constitutionnelle est-elle devenue l’autorité présidentielle ?», s’est interrogée l’association.

L’association VIP dénonce la confiscation du pouvoir exécutif par la Cour constitutionnelle. © rts.ch

 

La prédominance de la Cour constitutionnelle dans la gestion du dossier de l’état de santé d’Ali Bongo a arraché des commentaires assez acerbes à l’association Valeurs et idéologies de Pierre Mamboundou (VIP). Le 6 décembre à Libreville, en effet, le secrétaire générale de cette association a clairement soupçonné la présidente de la Haute juridiction de s’octroyer les prérogatives de l’exécutif.

«La Cour constitutionnelle s’est octroyée des prérogatives en s’auto-désignant comme l’institution qui désignerait désormais les intérimaires du Chef de l’Etat, même indisponible temporairement. Toute chose qui relève du président de la République», a déclaré Armand Mabicka. Ce dernier fait notamment allusion à «la violation flagrante» de la Constitution par la Cour constitutionnelle sur la modification effectuée à l’article 13, en y ajoutant un alinéa qui autorise désormais le Vice-président de la République «non élu», à présider un conseil des ministres.

«La Cour constitutionnelle par cette intrusion en se conférant le pouvoir de désignation des intérimaires du président de la République, est-elle devenue l’institution présidentielle ?», a demandé le secrétaire général de VIP. L’association a par ailleurs regretté que la Cour constitutionnelle ait sciemment esquivé la question relative au délai de l’indisponibilité temporaire. «VIP invite le peuple, la société civile, les partis politiques, les démocrates de tous bords, qui sont pour le strict respect de la Constitution, à redoubler de vigilance et à prendre leurs responsabilités pour ne plus accepter de coup d’Etat constitutionnelle, comme celui déjà en préparation», a interpellé Armand Mabicka. Ce dernier a rajouté une couche sur la présidente de la Cour constitutionnelle, avec sa présence dans la délégation ayant rencontre Ali Bongo, le 4 octobre à Rabat.

«En quelle qualité une juridiction qui est chargée de trancher sur la vacance de la présidence de la République ou l’empêchement définitif de son titulaire, peut effectuer un déplacement express, alors qu’elle n’a pas été saisie par le gouvernement ou par les bureaux des deux chambres du Parlement, conformément à l’article 13 de la Loi fondamentale ?», s’est étonné le secrétaire général de VIP.

Admettant par ailleurs que la présidente de la Haute cour s’est déplacée en tant qu’institution constitutionnelle, l’association s’est étonnée de l’absence des «autres institutions constitutionnelles» ; à savoir le Sénat, le Conseil économique et social (CES), le Conseil national de la démocratie (CND), le Centre gabonais des élections (CGE) et la Haute autorité de la communication (HAC). Fort de ce qui précède, Armand Mabicka s’est remémoré la déclaration du 3 novembre de Jean Ping, dans laquelle il a appelé les Gabonais de tous bords, «à se rassembler et transcender leurs clivages pour placer le Gabon au-dessus des intérêts particuliers».