Attendu ce 28 novembre à Rabat au Maroc, où il va poursuivre sa convalescence, Ali Bongo a demandé à ses collaborateurs de la présidence de la République de l’y retrouver afin, notamment, de «travailler sur les dossiers les plus prioritaires pour notre pays, le Gabon». Réalité ou nouvelle opération de com de la famille présidentielle ?

Le président gabonais serait «est en pleine possession de l’ensemble de ses facultés». © ouest-france.fr

 

Etre chef de l’Etat implique de grandes responsabilités et sacrifices. Ali Bongo en est conscient. Il l’est tellement que malgré sa convalescence, après le malaise qui l’a éloigné de la gestion du pays pendant un mois, il met en péril sa santé en décidant de goûter à nouveau au travail ; alors qu’il retrouve lentement la plénitude de ses capacités. Amour du travail et dévouement pour le Gabon ?

Attendu à Rabat ce 28 novembre, où il doit parachever sa convalescence, le chef de l’Etat par le biais de son épouse, a demandé à ses proches collaborateurs à la présidence de la République, de l’y retrouver afin de «travailler sur les dossiers les plus prioritaires pour notre pays, le Gabon». Si rien n’a filtré sur l’essence de ces «dossiers prioritaires», tout cela laisse supposer qu’Ali Bongo peut à nouveau travailler. C’est l’essentiel.

Un appel auquel comptent répondre sans sourciller les proches collaborateurs du président gabonais, en tête desquels le directeur de cabinet d’Ali Bongo. «Conformément à la volonté de ce dernier, je me rendrai au plus vite, avec d’autres responsables du cabinet de la présidence, à Rabat au Maroc pour poursuivre, à ses côtés, notre travail au service du Gabon et des Gabonais», a publié Brice Laccruche Alihanga sur sa page Facebook.

Une série d’éléments ayant ravivé la flamme dans le cœur de certains partisans d’Ali Bongo. «Nouvelle étape dans le rétablissement de notre président ! Voici des années qu’il travaille comme un forçat pour tous les Gabonais, jusqu’au bord de la mort. Remercions-le pour son abnégation et préparons nous à l’accueillir chaleureusement à son retour sur sa terre natale», a commenté un internaute, appelant cependant à la prudence.

«Il faudra désormais qu’il s’économise et qu’il prenne enfin soin de lui. S’il ne trouve pas les collaborateurs compétents qu’il fasse appel à des cabinets de conseil internationaux. Il est hors de question qu’il reprenne le même rythme de vie, nous aurons besoin de lui pour des décennies», a souligné le même internaute.

Toutefois, nombre de Gabonais restent sceptiques quant à l’amélioration supposée de l’état de santé du chef de l’Etat. Si tant est que le président de la République «est en pleine possession de l’ensemble de ses facultés», comme l’a affirmé le porte-parole du gouvernement, beaucoup souhaitent en avoir le cœur net en exigeant des preuves.

Depuis l’hospitalisation d’Ali Bongo le 24 octobre à Ryad, les Gabonais sont informés de l’évolution de l’état de santé de leur président par groupes interposés avec la famille du chef de l’Etat, la présidence de la République, le gouvernement et enfin, les médias. Si les informations se rejoignent très souvent, certains éléments de cette communication éparse sèment le doute. D’où la demande de preuves pour rassurer l’opinion après plus d’un mois de soupçons.

Si vraiment Ali Bongo va mieux, comme l’indiquent ses proches et certaines voix autorisées, il devrait apposer sa signature sur certains documents, apparaître publiquement, s’adresser aux Gabonais… Ce dernier aspect est d’ailleurs très attendu dans quelques jours, le 31 décembre, à l’occasion du discours à la Nation.