Pour avoir restitué un sac trouvé dans un sac à ordures, avec pour contenu certains documents appartenant à un magistrat, Starla Judica Moussavou, âgé de 16 ans et en classe de terminale, a été jugée et déférée à la prison centrale de Libreville, le 27 décembre.

Âgée de 16 ans, la jeune Starla Judica Moussavou est incarcérée depuis 27 décembre. © Facebook

 

L’affaire défraie actuellement la chronique sur les réseaux sociaux. Agée de 16 ans et élève en classe de terminale au Lycée Paul Indjendjet Ngondjout, Starla Judica Moussavou a passé le réveillon du jour de l’an en prison. Sur les réseaux et selon les témoignages de certaines sources, les raisons de l’arrestation de la jeune fille se rejoignent plus ou moins.

Il y a quelques jours en rentrant des cours, accompagnée d’une camarade de classe, Starla Judica Moussavou aurait vu l’occupant d’un véhicule jeter un sac à ordinateur dans un bac à ordures au niveau Batterie IV, dans le 1er arrondissement de Libreville. Curiosité oblige, elle aurait récupéré le sac, avant de le fouiller et y découvrir plusieurs documents. Il y avait notamment un permis de conduire, une carte d’identité nationale, des justificatifs d’opérations bancaires appartenant à Gildas Mamboundou, magistrat en poste à Libreville.

Mise au courant de la situation, la mère de la fille aurait contacté un numéro présent sur un des justificatifs d’opérations bancaires, en vue de restituer le contenu du sac à ordinateur. Après un rendez-vous fixé au marché d’Akébé, dans le 4e arrondissement de Libreville, le frère de la fille envoyé pour restituer le sac, se serait fait interpeller par des agents de la Police judiciaire (PJ). Peu après, sa sœur l’aurait retrouvé à la PJ, où les deux ont été gardés à vue 24 heures, dans la nuit du 9 au 10 décembre, avant d’être relâchés.

La mésaventure de Starla Judica Moussavou a un rebondissement deux semaines plus tard, lorsqu’elle reçoit avec son frère une citation directe au Tribunal de Libreville, le 27 décembre. Après le jugement, les deux jeunes auraient été déférés à la prison centrale de Libreville, où ils séjourneraient actuellement. Une situation ayant suscitée une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, où plusieurs associations, notamment, dénoncent l’«abus d’autorité» de Gildas Mamboundou.

A l’heure actuelle, la famille des deux détenus demeure curieusement silencieuse sur cette affaire. Dans tous les cas, certains activistes et associations gabonaises de défense des droits de l’Homme ont promis battre le bitume pour la libération de Starla Judica Moussavou (et son frère). D’autant que cette dernière ne cesse de clamer son innocence. Affaire à suivre.