Pour l’organisation de la 2e édition du festival «Gabon 9 provinces», le ministère de la Culture dit avoir reçu de l’Etat une enveloppe de 300 millions de francs CFA. Deux fois moins que ce qu’il avait demandé.

Alain-Claude Bilie-By-Nze et Leaticia Diweckou, le 6 août 2018, à Libreville. © Gabonreview

 

Cette année, le «Gabon 9 provinces» a connu plus d’engouement de la part des artistes et des opérateurs économiques que lors de la précédente édition. Le comité d’organisation revendique 720 inscrits, au point que le festival a été délocalisé au boulevard Jean-Paul II de Libreville. Or, ce genre d’événement, a reconnu Alain-Claude Bilie-By-Nze, nécessite d’importants moyens financiers. Aussi, le ministre d’Etat en charge de la Culture a-t-il indiqué ce lundi 6 août que la 2e édition de ce festival a couté 300 millions de francs FCFA à l’Etat. Une somme plutôt colossale en temps de crise.

Pourtant, le ministre d’Etat l’assure, c’est deux fois moins que ce que l’événement censé valoriser la culture et les traditions des 9 différentes provinces du pays nécessite en réalité. Pour l’organisation de cette 2e édition qui comporte plusieurs innovations à l’instar de l’ouverture d’un «village des enfants», le comité d’organisation co-présidé par Leaticia Diweckou, la ministre déléguée à la Culture, avait sollicité du contribuable 600 millions de francs.

Si les autorités ont refusé d’accéder totalement à la demande du ministère en charge de la Culture, c’est à cause de la crise que traverse le pays depuis quelques années, mais davantage en raison des restrictions que le gouvernement a commencé à s’imposer pour faire des économies. Pas fâché de ne pas avoir été entièrement contenté, Alain-Claude Bilie-By-Nze dit néanmoins compter sur ce «budget à hauteur d’homme et à hauteur de la situation» pour régler, entre autres, les factures liées à la prestation des artistes et l’entreprise chargée d’assurer les spectacles prévues chaque soir du 7 au 15 août.

Au ministère de la Culture, l’on réfléchit déjà la possibilité de faire payer l’accès au festival, aussi bien pour les participants que pour le public. Si le ministre d’Etat ne cache pas son souhait de voir les Gabonais contribuer financièrement à l’organisation des prochaines éditions du «Gabon 9 provinces», c’est que pour lui, «l’accès à la culture doit avoir un coût».