Le Fonds monétaire international (FMI) table une sur croissance de 2,7%  au Gabon en 2018, contre 0,8% en 2017. Une perspective de croissance qui continuerait à s’affirmer en 2019, avec une croissance de 3,7%, dépendant de l’issue des réformes visant à assainir les finances publiques et relancer les investissements publics-privés.

Les experts du FMI lors de leur conférence de presse avec (de gauche à droite) Ismaila Dieng (Responsable communication), Dominique Desruelle et Marcos Poplawski-Ribeiro (Représentant résident du département Afrique du FMI), le 8 mai 2018 à Libreville. © Gabonreview

 

Présenté le 8 mai à Libreville, le Rapport 2018 du Fonds monétaire international (FMI) sur les perspectives économiques sous-régionales en Afrique subsaharienne est édifiant à plus d’un titre. S’agissant du Gabon, «nous nous attendons à un début de reprise économique avec des perspectives de croissance de 2,7% en 2018 contre 0,8% en 2017», a révélé le directeur adjoint du département Afrique du FMI.

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Selon Dominique Desruelle, cette perspective de croissance continuerait à s’affirmer en 2019, avec un taux de croissance de 3,7%. Cependant, a-t-il averti, «cela dépend d’une continuation des réformes en cours, pour assainir les finances publiques et relancer les investissements publics et privés». Désormais, il ne fait aucun doute que les populations attendent les retombées, dans leur quotidien, de cette hausse du taux de croissance.

Dans ce sens, le FMI est conscient qu’entre chiffres macroéconomiques et perception d’une amélioration, il y a souvent un délai, aussi bien en Afrique subsaharienne que dans le reste dans le reste du monde. «De par notre expérience, le citoyen constate des progrès lorsqu’il y a une croissance durable et soutenue sur un nombre important d’années. Et c’est la raison pour laquelle les actions du FMI sur l’ensemble de nos 189 pays membres, sont basées sur les actions leur permettant d’avoir une croissance soutenue sur 5-10-20 ans», a souligné Dominique Desruelle.

Un horizon à portée de main de chaque pays membre. «D’autant que dans l’ensemble des activités de soutien financiers du FMI à nos pays membres, nous avons toujours des clauses dans lesquelles nous essayons de protéger un certain montant minimum de dépenses sociales, pour s’assurer que la partie la plus défavorisée de la population ne subit pas, de plein fouet, l’effet des mesures économiques nécessaires à prendre», a insisté le directeur adjoint du département Afrique du FMI.

De manière globale, le FMI anticipe une croissance en légère hausse en Afrique subsaharienne avec un niveau de 3,4% en 2018, contre 2,8% en 2017. «Une croissance qui s’accélère dans deux 2/3 des pays de l’Afrique subsaharienne. Une croissance qui est tirée par de bonnes perspectives mondiales, un rebondissement du prix des matières premières et un meilleur accès aux marchés internationaux des capitaux par les pays émergents et pré-émergents de la région», a détaillé Dominique Desruelle.

En gros, il y a des perspectives favorables au niveau de l’Afrique subsaharienne, avec des différences importantes entre différents groupes de pays. Et en particulier les pays exportateurs de pétrole, qui continuent de subir l’impact du choc de la forte baisse des prix du pétrole de 2014. «Il leur reste des efforts à ce titre. Mais nous voyons également un certain nombre de pays, relativement pauvres en ressources naturelles, qui ont une croissance forte. A l’instar des pays de l’Uemoa, avec une croissance de 6% ces dernières années. Et l’on s’attend à ce que cette croissance perdure dans le temps», a conclu le directeur adjoint du département Afrique du FMI.