Réunie en assemblée générale, mercredi 7 juin, au siège de la Confédération syndicale gabonaise (Cosyga) à Port-Gentil, les représentants de l’intersyndicale professionnelle de l’Ogooué-Maritime ont voté à l’unanimité pour un débrayage dès le lundi 12 juin prochain.

Jean Robert Boundzanga, lors de son intervention, le juin à Port-Gentil. © Gabonreview

 

Cette décision est la conséquence, selon les responsables de l’intersyndicale, de la sourde oreille du gouvernement depuis le préavis de grève générale illimitée lancé le 1er mai dernier, à la faveur de la célébration de la fête du Travail. Dans son manifeste, l’intersyndicale avait indiqué qu’aux termes d’une réunion tenue le 4 mars 2017 au siège de la Confédération démocratique des syndicats autonomes (CDSA), toutes les organisations syndicales de la province de l’Ogooué-Maritime basées à Port-Gentil ont décidé d’adresser au Premier ministre, par l’entremise du gouverneur de la province, un préavis de grève qui prendrait effet dès sa réception par l’autorité provinciale. Sauf que, réceptionné par le gouverneur le 15 mai, ce préavis n’a pas été suivi d’effet, alors qu’il était censé prendre fin le 6 juin 2017 à 23 heures 59 minutes. Dès lors, la décision de prolonger le préavis ou d’entrer en grève revenait à l’assemblée générale.

Une vue des participants. © Gabonreview

Si les syndiqués ont opté pour la seconde option, ils n’ont pas moins regretté que leur préavis de grève, qui aurait dû être lu et déposé par les représentants de l’intersyndicale à l’Estuaire, lors du défilé du 1er mai à Libreville, ne l’ait pas été. Les intéressés, dit-on, les en auraient dissuadés.

Dans le préavis de grève lu par Jean Robert Boundzanga, le secrétaire provincial de la Confédération syndicale démocratique du travail (CSDT), le 1er mai dernier, plusieurs revendications avaient été énumérées : il s’agissait, entre autres, d’appeler le gouvernement à supprimer, sans délai, la redevance compteur d’eau et d’électricité et toutes les autres taxes appelées «contributions spéciales» imposées aux usagers ; à supprimer toutes les augmentations des prix engagées par le gouvernement sur les produits dérivés du pétrole (butane, pétrole, gas-oil, essence) ; à débloquer tous les comptes d’épargne postale et opérer le remboursement de tous les épargnants de Gabon Poste, Global Investissement et BR Sarl ; à maintenir la retenue CNAMGS au taux de 1% pour les travailleurs et 0% pour les retraités convenue d’accord parties ; à relancer la brigade tripartite de contrôle de l’employabilité de la main-d’œuvre étrangère au sein des entreprises, et vérifier également la situation CNSS et CNAMGS de ces entreprises voire l’existence des IRP.

Les syndiqués ont également exhorté le gouvernement à réhabiliter dans l’immédiat le bâtiment administratif abritant les différentes directions administratives provinciales ; à instruire instamment les chefs d’entreprises au respect des délais légaux, règlementaires et conventionnels en matière de paiement des salaires aux employés, en s’acquittent de tous les impayés (cas des entreprises Satram et Robert Services, dont les employés comptent plusieurs mois de salaires impayés). L’intersyndicale a finalement invité les autorités à faire cesser toutes sortes de violences corporelles pratiquées sur les personnes physiques par les agents des forces de sécurité et de défense dans les milieux professionnels voire scolaires, lors des mouvements d’humeur ou de grève ; à rétablir sans délai les salaires de tous les enseignants faisant l’objet d’une suspension et réintégrer les 19 enseignants radiés de la Fonction publique ; à ouvrir immédiatement des négociations avec tous les partenaires sociaux concernés (forum social) aux fins de décrisper le climat social qui prévaut actuellement.