Pour 11 mois de primes et salaires impayés, les agents de l’Agence d’exécution des activités de la filière forêt bois (AEAFFB) ont durci le ton en fermant l’accès à leurs bureaux, ce 20 avril à Libreville.

L’entrée des bureaux barricadée par le personnel, le 20 avril 2017. © Gabonreview

 

Ils ne savent plus où donner de la tête, et pourtant leur situation est bien connue de la tutelle. Depuis 11 mois, les agents de l’AEAFFB ne perçoivent ni primes, ni salaires. Résultat des courses, le personnel de cette agence a exprimé son ras-le-bol en fermant l’accès aux bureaux.

A l’index, l’agent comptable et le directeur général de la structure qui sont soupçonnés de complicité dans la gestion opaque des subventions des années 2014, 2015 et 2016. Il est reproché au premier un refus d’obtempérer concernant le plan d’utilisation que lui aurait envoyé le second par rapport aux disponibilités de 417 millions de francs CFA annoncés.

Dans le même temps, 31 millions de francs d’avance sur le budget 2017 seraient débloqués. Un plan d’utilisation a été établi, à cet effet, par la direction générale de l’agence. Mais jusqu’ici, toujours pas de paiement. Ces différents plans d’utilisation intégreraient bien entendu le paiement des salaires des agents. Une insoumission que les agents assimilent vite à un jeu de dupe.

Un bureau de l’Agence d’exécution des activités de la filière forêt bois. © Gabonreview

«Trop c’est trop», ont ainsi lancé les agents de l’agence. D’autant que Lucrèce Aude Mayila, l’agent comptable, semble sourde à ces cris de détresses, et le DG N’sitou Mabiala curieusement impuissant, ne s’activent pas plus pour l’aboutissement de ce dossier. Plus grave, l’agent comptable aurait brillé par son absence aux réunions d’explications convoquées par la ministre de l’Economie forestière. Ni elle, ni son représentant, n’a daigné honorer cette invitation de la tutelle de l’Agence.

A ces difficultés s’ajoute, par ailleurs, le cas des frais de mission qui seraient engagés par cette agence pour le déplacement de ses agents sur le terrain. Seule une minorité, et surtout les mêmes, en profite au détriment de la majorité qui serait plus qualifiée pour faire des rapports de suivi de qualité quant à l’exécution desdits projets sur le terrain.

«On apprend qu’un partenaire au développement apportant son appui à ce département ministériel depuis belle lurette vient de monter au créneau, tout d’abord pour dénoncer et remettre en cause toutes les pièces justificatives transmises par N’sitou Mabiala pour tenter de justifier les nombreuses sommes englouties sans apporter leur preuve d’utilisation. Ensuite, ce même partenaire réclame à celui-ci le remboursement de plusieurs millions de nos francs via son compte bancaire ouvert dans les livres d’une banque de la place. La correspondance adressée au ministère se trouve au secrétariat dudit ministère. Les faits rapportés ont été réalisés au moment où l’actuel DG de l’AEAFFB, N’sitou Mabiala dirigeait le Projet d’appui des petits permis forestiers du Gabon et le Bureau industrie du bois», a confié un agent ayant requis l’anonymat.

Visiblement remontés, les agents disent ne pas comprendre les procédés de paiement de salaires que l’agent comptable a choisi d’adopter. En janvier, alors qu’elle était parvenue à payer un mois de salaire, rapporte la même source, elle n’a donné que 60% du salaire à chaque agent avant de le compléter un mois plus tard. Le personnel espère que les actions initiées à travers ce mouvement d’humeur vont occasionner une prompte réaction des autorités pour remédier à cette situation. Une réunion est d’ailleurs prévue ce 21 avril à l’AEAFFB.

Auteur : Alain Mouanda