À l’issue de leur assemblée générale de rentrée syndicale, le 7 janvier 2017, les membres de la confédération syndicale Dynamique unitaire ont décidé à l’unanimité de paralyser le fonctionnement de l’administration à compter du 9 janvier, de boycotter la Can-Total 2017 et d’intégrer la libération de Bertrand Zibi, Landry Ami Washington et d’autres prisonniers dans le cahier de charges de leurs revendications. .

Les membres de la Dynamique unitaire en plein vote pour la paralysie de l’administration, le 7 janvier 2017. © Gabonreview

 

Après appréciation de la situation socio-économique du pays, marquée par les grèves dans les administrations, les licenciements dans les entreprises, l’absence de salaires pour certains employés du pays, la baisse du pouvoir d’achat des ménages, l’absence de table-bancs et d’infrastructures scolaires et la détermination du pouvoir à organiser la 30e édition de la Coupe d’Afrique des nations ; les syndicalistes membres de la Dynamique unitaire (DU), ont décidé de passer à l’action en durcissant le ton, dès le 9 janvier 2017.

«L’année 2017 doit marquer la fin des tergiversions. Nous ne devons plus trop tergiverser. Ça ne sert plus à rien d’aller chercher à réparer les plaquettes de freins ou quelques petites pannes, alors que nous savons que le moteur-là ne marche pas. Nous n’allons pas continuer à revenir sur les mêmes choses, ensuite nos enfants prendront le relais. Quand je regarde le cahier de charges de mes ainés, ce sont les mêmes problèmes qu’ils ont posés depuis les années 90, aujourd’hui, nous reposons les mêmes problèmes et probablement nos enfants risqueront de poser les mêmes problèmes», a déclaré le président de la D.U, Jean Remy Yama.

Les syndicalistes ne sont pas allés par le dos de la cuillère pour fustiger l’indifférence du gouvernement. Devant le mutisme des uns et l’indifférence des autres, les membres de la D.U ne jurent que par un durcissement de ton, afin que leurs doléances soient prises en considération, les syndicalistes ont voté à l’unanimité trois actions à conduire, dans l’immédiat, jusqu’à la satisfaction totale de leurs attentes. Il s’agit de la grève générale dans toutes les administrations et entreprises; le boycotte de la Can Total 2017 et la libération sans condition des activistes en détention à la prison centrale.

«Nous sommes résolus de soutenir toutes les actions que les organisations syndicales mènent en ce moment, pour cela nous avons décidé dès lundi de rentrer en grève générale, de paralyser l’administration publique et privée. Nous disons non à la Can, non à ce sacrifice qui a consisté à privilégier la Can au détriment des services essentiels qui sont l’éducation et la santé. Nous demandons aux parents d’élèves qui iront à la Can, d’être conscients que pour 90 minutes, ils auront un siège et leurs enfants pendant 9 mois  n’auront pas de bancs en classe. La Dynamique unitaire a également décidé d’inclure la libération sans condition des compatriotes aujourd’hui emprisonnés, notamment le député Bertrand Zibi, Landry Amiang Washington qui purgent des peines sans jugement à sans famille, dans leur cahier de charges», a précisé Jean Remy Yama, assurant que la solution passe pas la détermination et la mobilisation. «Jusqu’où sommes-nous prêts à aller ? Dans la situation actuelle, il s’agit de vaincre ou mourir. Nous n’avons pas d’autre choix», a-t-il indiqué.