L’Organisation internationale de la Francophonie s’est donné une patronne, Louise Mushikiwabo, pour un mandat de quatre ans. Le ministre des Affaires étrangères du Rwanda devient ainsi le 3e africain à diriger l’OIF, après Boutros-Boutros Ghali et Abdou Diouf.

La secrétaire générale de l’OIF, Louise Mushikiwabo. © D.R.

 

Le ministre rwandais des Affaires étrangères a été nommé secrétaire générale de l’OIF par consensus le 12 octobre dernier, lors d’une réunion à huis clos du sommet d’Erevan, malgré les nombreuses critiques portées sur sa candidature. Cette reconnaissance consacre le retour de l’Afrique, après le passage de la Canadienne Michaëlle Jean.

La candidature rwandaise a en effet été accusée d’être contraire à la charte de l’OIF qui a inscrit «le soutien aux droits de l’Homme» parmi ses missions premières. Selon certains observateurs, le pouvoir de Kigali n’est en effet guère un exemple en matière de défense des droits fondamentaux de ses citoyens. Les opposants sont traqués, arrêtés, voire exécutés à l’étranger. Les journalistes sont victimes de «censure, menaces, arrestations, violences, assassinats» s’ils osent dénoncer l’autoritarisme du pouvoir.

Louise Mushikiwabo est née à Kigali en 1961. En 1981, elle entreprend des études d’anglais à l’Université nationale du Rwanda à Butare, où elle obtient son diplôme en 1984. En 1990, elle quitte le Rwanda pour les États-Unis où elle fait des études d’interprétariat. Cet exil lui sauve sans doute la vie. En effet, la plupart des membres de sa famille sont victimes du génocide en 1994. Bilingue, mariée à un Américain, elle travaille en Tunisie, comme directrice de la communication de la Banque africaine de développement, puis rentre au Rwanda en 2008. Elle est nommée ministre de l’Information par Paul Kagame, dont elle est proche, sans jamais avoir rejoint le Front patriotique rwandais. Elle est ensuite ministre des Affaires étrangères de décembre 2009 à octobre 2018.