Révoltés par la détention de quatre de leurs compatriotes au centre de rétention de Bobigny en France, cinq Gabonais ont manifesté le 19 juin 2018 devant le tribunal de grande instance de Bobigny.

Le tribunal de grande instance de Bobigny où sera décidé le sort des quatre gabonais en centre de rétention, situé à deux pas des pistes de l’aéroport de Roissy. © D.R.

 

Cinq Gabonais résidant en France ont manifesté le 19 juin dernier devant le tribunal de grande instance de Bobigny, pour dénoncer la détention jugée «arbitraire» de quatre de leurs compatriotes au Centre de rétention de Bobigny, où sont placés les étrangers en instance d’expulsion.

Leur coup de gueule a mobilisé le déplacement de quatre véhicules de police pour le maintien de l’ordre. Le groupe des cinq dénonce dans leur post sur You tube, les conditions de maintien de leurs compatriotes, qui à peine atterris à Roissy Charles de Gaulle avec des visas délivrés par le consulat de France au Gabon, auraient été conduits vers le Centre de Bobigny.

«Pourquoi mettre en centre de rétention, des personnes à qui le consulat de France au Gabon a attribué des visas ? Nous disons aux autorités gabonaises qu’il est indigne de voir comment sont traités les Gabonais alors que des facilitées sont octroyées aux Français», s’est offusqué l’un des cinq, estimant devoir bénéficier des mêmes droits et des mêmes traitements que les ressortissants français lorsqu’ils entrent au Gabon.

Indignés par l’indifférence des autorités diplomatiques gabonaises en France, ils réclament «l’égalité des droits aux frontières entre la France et le Gabon». «Nous estimons que nous avons tous droits aux mêmes traitements. Ce n’est pas normal ce qui arrive à nos compatriotes Il faut croire qu’ici en politique comme en musique, un blanc vaut deux noirs. C’est-à-dire que nous avons le droit d’être maltraité. Parce qu’on considère que les migrants sont des malfrats, des Africains sont des malfrats, ceux qui viennent étudier sont des malfrats…», a poursuivi le porte-parole du groupe.

Qualifié de «sous-sol sordide» par l’ancien président de l’Assemblée nationale française, Louis Mermaz, le Centre de rétention de Bobigny serait reconnu comme un lieu de violation des droits de l’homme, insalubre.