La présence à l’Assemblée nationale française de Jean-Luc Mélenchon et de Danièle Obono pourrait relancer le débat sur la présidentielle gabonaise. Le leader de la France insoumise ayant affiché, ces derniers temps, un intérêt certain pour la démocratie au Gabon.

Jean-Luc Mélenchon et Danièle Obono pourraient relancer le débat sur la présidentielle gabonaise. © Gala

 

La France insoumise, mouvement politique présidé par Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle française d’avril-mai dernier, connu pour ses prises de position en faveur de la démocratie et des droits de l’homme, vient d’obtenir 17 sièges de députés lors des législatives des 11 et 18 juin derniers. Parmi eux, la Franco-Gabonaise Danièle Obono, élue de Paris.

«J’ai toujours été portée sur les questions internationales, sur l’altermondialisation. Savoir là d’où je viens, cela se traduit concrètement par un intérêt porté aux rapports des pays d’Afrique avec la France», a souligné Danièle Obono dans une interview à Jeune Afrique traitant de l’arrivée massive, au Palais-Bourbon, de Français d’origine africaine.

Au soir des émeutes post-électorales du 31 août 2016 au Gabon, Jean-Luc Mélenchon, leader du mouvement dont Danièle Obono est membre et député, avait appelé à «un recomptage des votes» et suggérait «une intervention de l’ONU ou de l’Union africaine donnant un mandat s’il le fallait pour la réorganisation des élections sous contrôle international». Un peu après, le 3 septembre dernier, le leader de la France insoumise se tenait aux côtés des manifestants gabonais proches de Jean Ping sur la Place du Trocadéro à Paris. Commentant l’attitude du gouvernement français alors dirigé par Manuel Valls, il déclarait : «N’est-il pas incroyable que le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, ait fait une communication sur la politique internationale de la France sans dire un seul mot des violences qui accablent le Gabon, un pays frère et ami».

«Le silence de la France est inacceptable»

Jean-Luc Mélenchon qualifiait ce silence d’«éloquent». «Il apparaît comme une approbation de ce qui est injustifiable et inacceptable. Il est inacceptable que l’on massacre ceux qui veulent seulement des élections libres et démocratiques». Terminant, il lança : «le Gabon a droit à des élections honnêtes et démocratiques».

En novembre 2016, après avoir déjeuné avec Jean Ping de passage à Paris, Mélenchon publia sur son blog un long article sur le Gabon pour déclarer, entre autres : «À mes yeux, c’est une lourde erreur de laisser la loi du plus fort et du gros bâton avoir le dernier mot au Gabon. Trop d’armes circulent dans la région, trop de richesses sont en cause, trop de frustrations exsudent d’une société instruite et compétente pour que le pays soit abandonné au fait accompli

Avec l’arrivée des élus de la France Insoumise à l’Assemblée nationale, certains en sont à croire que Jean-Luc Mélenchon et ses amis vont remettre au goût du jour «cette élection dont on parle encore et des événements qui y sont liés», comme l’avait affirmé l’un des responsables de la campagne du candidat de la France insoumise lors de la dernière présidentielle française. «La présence de la France insoumise à l’Assemblée nationale va, à coup sûr, refaire parler de la présidentielle gabonaise du mois d’août 2016, j’en suis convaincu, surtout à un moment où l’Organisation internationale de la Francophonie vient de rendre public ses observations sur ce scrutin», estime Arnaud Tchombo, journaliste au bimensuel gabonais La Nouvelle République.